{"id":3243,"date":"2017-01-10T10:01:20","date_gmt":"2017-01-10T15:01:20","guid":{"rendered":"http:\/\/www.asc.wdtest.info\/fr\/?p=3243"},"modified":"2017-01-10T10:01:20","modified_gmt":"2017-01-10T15:01:20","slug":"la-pedagogie-waldorf-sinvite-dans-un-camp-de-refugies-en-grece","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/anthroposophy.ca\/fr\/la-pedagogie-waldorf-sinvite-dans-un-camp-de-refugies-en-grece\/","title":{"rendered":"La p\u00e9dagogie Waldorf s\u2019invite dans un camp de r\u00e9fugi\u00e9s en Gr\u00e8ce"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ingrid Krause, membre de la Soci\u00e9t\u00e9 anthroposophique vivant au Qu\u00e9bec, est de retour de Gr\u00e8ce, un pays qui lui est familier. Elle l\u2019a travers\u00e9 une premi\u00e8re fois en moto, peu apr\u00e8s ses \u00e9tudes universitaires en Allemagne. Elle y est retourn\u00e9e cinq fois depuis sa retraite. \u00ab La Gr\u00e8ce m\u2019attire comme une \u00e2me s\u0153ur, avec sa luminosit\u00e9 \u00e9levant l\u2019esprit, le bleu fonc\u00e9 \u00e9tincelant de ses eaux de mer, qui \u00e9gaie l\u2019\u00e2me m\u00e9lancolique, ses habitants accueillants. \u00bb Elle y poss\u00e8de un terrain sur l\u2019\u00eele de Cyth\u00e8re, \u00ab o\u00f9 je partage le territoire avec des ch\u00e8vres de montagne sauvages, dans des collines au parfum de thym, de sauge. Et au loin, le bleu de la mer \u00bb, dit-elle.<\/p>\n<p>C\u2019est un spectacle un peu moins bucolique cependant qui l\u2019attendait \u00e0 Ath\u00e8nes, o\u00f9 elle a visit\u00e9 cet automne le camp de r\u00e9fugi\u00e9s Elliniko. Ces personnes comptent parmi les milliers de migrants jadis en transit vers le nord de l\u2019Europe, qui s\u2019entassent maintenant en Gr\u00e8ce dans des conditions mis\u00e9rables depuis la fermeture des fronti\u00e8res au printemps\u00a02016. Ingrid a r\u00e9colt\u00e9 de l\u2019argent dans son entourage pour contribuer \u00e0 am\u00e9liorer leur situation. Il a \u00e9t\u00e9 remis \u00e0 Helga Natoli, qui travaille aupr\u00e8s des enfants r\u00e9fugi\u00e9s.<\/p>\n<p>Cette m\u00e8re de 37 ans suit \u00e0 Ath\u00e8nes des cours de p\u00e9dagogie Waldorf donn\u00e9s par Michael Tsigotsides, un anthroposophe de longue date qui a enseign\u00e9 pendant 20 ans dans des \u00e9coles Waldorf en Su\u00e8de. Il effectue un v\u00e9ritable travail de pionnier pour promouvoir cette p\u00e9dagogie en Gr\u00e8ce, notamment par des s\u00e9minaires qu\u2019il donne pour des groupes d\u2019\u00e9tudiant\/es. Les rencontres se font dans un salon tr\u00e8s accueillant, situ\u00e9 en haut de sa boutique de mat\u00e9riel \u00e9ducatif Waldorf, au c\u0153ur m\u00eame de la capitale grecque. (pour de plus amples informations contactez\u00a0: tsigotsides@hotmail.com)<\/p>\n<p>L\u2019une de ces \u00e9tudiantes est pr\u00e9cis\u00e9ment Helga Natoli, avec laquelle, raconte Ingrid, \u00ab j\u2019ai eu le privil\u00e8ge d\u2019amorcer une pr\u00e9cieuse amiti\u00e9. L\u2019initiative anthroposophique de p\u00e9dagogie Waldorf est \u00e0 ma connaissance la seule en Gr\u00e8ce. J\u2019en avais entendu parler il y a deux ans par Christopher H. Budd, chercheur \u00e9conomiste, qui m\u2019avait aussi fait rencontrer Michael Tsigotsides. \u00bb<\/p>\n<p>Ingrid pr\u00e9sente ci-dessous quelques extraits d\u2019un r\u00e9cit touchant que lui a r\u00e9cemment fait parvenir Helga Natoli. Elle y d\u00e9crit son exp\u00e9rience p\u00e9dagogique et th\u00e9rapeutique qu\u2019elle m\u00e8ne aupr\u00e8s des enfants r\u00e9fugi\u00e9s.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ath\u00e8nes, samedi 21 mai 2016<\/p>\n<p>Voici une histoire qui est loin d\u2019\u00eatre termin\u00e9e et qui vaut la peine d\u2019\u00eatre racont\u00e9e. Elle pourrait inciter d\u2019autres individus \u00e0 s\u2019impliquer. Plut\u00f4t que d\u2019essayer de vous convaincre de la valeur de ce travail, cette description est destin\u00e9e \u00e0 vous laisser le choix de vouloir vous impliquer ou non.<\/p>\n<p>Le 16 mars 2016, j\u2019ai entam\u00e9 une s\u00e9rie de visites au camp de r\u00e9fugi\u00e9s temporaire situ\u00e9 au quai E1 du port du Pir\u00e9e.<\/p>\n<p>Ayant entendu parler de la situation critique des r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 Ath\u00e8nes, je voulais trouver un moyen de venir en aide \u00e0 ces gens. J\u2019avais entendu parler de combien le camp au port du Pir\u00e9e souffrait d\u2019un manque d\u2019hygi\u00e8ne, de comment la distribution probl\u00e9matique de la nourriture devait \u00eatre assur\u00e9e par quelques ONG et par l\u2019arm\u00e9e, de comment des tentes ou conteneurs ou camionnettes servaient de cliniques install\u00e9es par <em>M\u00e9decins sans Fronti\u00e8res<\/em> ou par d\u2019autres organisations r\u00e9put\u00e9es. Mais on n\u2019entendait pas parler des enfants, que ce soit \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, \u00e0 la radio ou m\u00eame sur l\u2019internet. Je me suis pos\u00e9 des questions\u00a0: que font-ils pour distraire ces enfants ? Est-ce que les parents sont capables d\u2019en prendre soin ? Est-ce que les petits se sentent en s\u00e9curit\u00e9 ? Y a-t-il un espace de jeu pr\u00e9vu pour eux ? Est-ce qu\u2019ils ont des livres et du mat\u00e9riel scolaire ? Et en ce qui concerne la scolarisation de ces enfants\u00a0: est-ce qu\u2019ils ont d\u00e9j\u00e0 fr\u00e9quent\u00e9 l\u2019\u00e9cole ; depuis combien de temps est-ce qu\u2019ils sont litt\u00e9ralement en fuite, ayant d\u00fb quitter leur pays ?<\/p>\n<p>J\u2019ai donc pris la d\u00e9cision, voulant trouver des r\u00e9ponses \u00e0 ce tas de questions, de visiter ce camp avec mon amie Vivi un mercredi apr\u00e8s-midi, apportant un sac rempli de crayons de couleur, de crayons pastel, de crayons-feutres et du papier. J\u2019avais comme but de donner un atelier, pourvu que les dirigeants me le permettent et que les enfants le d\u00e9sirent.<\/p>\n<p>Le spectacle que nous apercevions par les fen\u00eatres de la navette qui circulait \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du port \u00e9tait hallucinant\u00a0: des tentes partout, des gens qui dormaient sur le ciment, utilisant leur sac de voyage comme oreiller\u00a0; d\u2019autres qui faisaient la queue devant un conteneur am\u00e9nag\u00e9 en clinique ; des enfants courant nu-pieds ; des milliers de gens vivant comme des campeurs. Nous sommes descendues au hangar E1, le dernier du port. \u00c0 l\u2019ext\u00e9rieur, une distribution de nourriture\u00a0: deux dames distribuaient des sacs de plastique contenant des repas pr\u00e9par\u00e9s \u00e0 des centaines de gens qui faisaient la queue.<\/p>\n<p>Nous nous sommes promen\u00e9es un peu partout, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur et \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du hangar, \u00e0 la recherche de quelqu\u2019un qui puisse nous donner l\u2019autorisation d\u2019installer notre atelier. Comme les deux dames \u00e9taient les seules \u00e0 porter un genre d\u2019uniforme, nous nous sommes adress\u00e9es \u00e0 elles, expliquant que nous avions apport\u00e9 du mat\u00e9riel pour un atelier et si elles savaient \u00e0 qui on devait demander la permission de nous installer.<\/p>\n<p>La plus vieille des deux, sans arr\u00eater la distribution des repas, a r\u00e9pondu en me regardant\u00a0: \u00ab\u00a0Mais allez-y ! Faites-le.\u00a0\u00bb Alors, je l\u2019ai fait\u2026<\/p>\n<p>Je suis entr\u00e9e dans le hangar avec mon amie ; le plancher \u00e9tait jonch\u00e9 de couvertures grises, chaque couverture d\u00e9limitant l\u2019espace de vie pour une, deux, trois ou m\u00eame quatre personnes. Sur chacune se trouvait une bo\u00eete ou bien un sac de voyage contenant des provisions et des effets personnels. Certains poss\u00e9daient une couverture suppl\u00e9mentaire pour se couvrir, car \u00e0 Ath\u00e8nes au mois de mars il fait froid. D\u2019autres avaient des sacs de couchage ; et d\u2019autres encore n\u2019avaient ni l\u2019un ni l\u2019autre.<\/p>\n<p>J\u2019ai demand\u00e9 \u00e0 une dame, utilisant des gestes et quelques mots d\u2019anglais rudimentaires, si elle permettrait que j\u2019installe un drap \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la couverture de sa famille. Elle nous a fait de la place, pliant sa couverture, et nous nous sommes assises; et sortant une bo\u00eete de crayons et du papier, nous nous sommes mises \u00e0 dessiner. Des enfants et des adultes ont commenc\u00e9 \u00e0 venir vers nous, nous demandant un crayon et une feuille de papier. Quelques-uns sont partis avec les objets, d\u2019autres se sont assis sur notre drap et ont dessin\u00e9 \u00e0 nos c\u00f4t\u00e9s. Ce soir-l\u00e0 nous avons travaill\u00e9 avec plus de 80 enfants de tous les \u00e2ges.<\/p>\n<p>Durant ce tout premier atelier donn\u00e9 de 17 heures \u00e0 20 heures dans le camp E1, nous avons distribu\u00e9 plus de 150 feuilles format A4 et une cinquantaine de grandes feuilles \u00e0 dessin. Les enfants \u00e9taient heureux de nous donner les dessins qu\u2019ils avaient termin\u00e9s. Une des m\u00e8res m\u2019a offert en cadeau une bouteille d\u2019eau qu\u2019elle avait obtenue \u00e0 force de faire la queue. Les enfants souriants \u00e9taient heureux de passer du temps en notre compagnie et ils nous ont trait\u00e9es avec beaucoup de gentillesse. J\u2019ai remarqu\u00e9 qu\u2019ils semblaient l\u00e9g\u00e8rement perplexes lorsque, en leur donnant le mat\u00e9riel, je les regardais droit dans les yeux et leur disais\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est pour toi\u00a0\u00bb, tout comme je le ferais avec Joe, mon fils. Je me suis rendu compte seulement plus tard qu\u2019ils n\u2019avaient probablement pas connu ce genre d\u2019attention depuis longtemps.<\/p>\n<p>Nous avons coll\u00e9 quelques-uns des dessins sur une grande colonne qui se dressait au milieu du hangar, et les enfants se sont empress\u00e9s pour nous aider. Une petite fille a fait un dessin inscrit avec une phrase en anglais\u00a0: \u00ab\u00a0Please open your door\u00a0\u00bb. Elle m\u2019a offert son dessin.<\/p>\n<p>Et je vois encore cette fille chaque fois que je visite le camp.<\/p>\n<p>Vivi continue toujours \u00e0 faire des dessins pour les enfants. Un gar\u00e7on \u00e2g\u00e9 de 14-15 ans est venu vers nous cette semaine et a retir\u00e9 de sa poche une feuille de papier qu\u2019il a d\u00e9pli\u00e9e pour montrer \u00e0 Vivi qu\u2019il avait conserv\u00e9 le dessin qu\u2019elle avait fait pour lui il y a quelque temps. Dans son cercle, les enfants attendent patiemment leur tour pour recevoir ses dessins, en dessinant eux-m\u00eames ou en l\u2019observant pendant qu\u2019elle dessine.<\/p>\n<p>Lors de la premi\u00e8re visite, les enfants nous ont fait promettre de revenir ; ils ne voulaient pas nous laisser partir. Et jusqu\u2019ici nous n\u2019avons pas failli \u00e0 notre promesse. \u00c0 la fin de cette premi\u00e8re soir\u00e9e, nous avions d\u00e9pens\u00e9 tout le mat\u00e9riel d\u2019artiste que nous avions apport\u00e9.<\/p>\n<p>H\u00e9las, ce que nous avons \u00e0 offrir \u00e0 ces enfants est loin d\u2019\u00eatre suffisant. Ils ont tellement perdu. Tant de vies secou\u00e9es par des souffrances atroces et des actes de violence dont ils ont eux-m\u00eames \u00e9t\u00e9 t\u00e9moins ou ont m\u00eame subi. Beaucoup de ces enfants n\u2019ont pas de famille et sont oblig\u00e9s de voyager seuls dans cette aventure angoissante et dangereuse.<\/p>\n<p>Pour des enfants ayant v\u00e9cu ce que ceux-ci ont v\u00e9cu, un dessin et quelques crayons ne suffisent pas \u00e0 gu\u00e9rir des blessures si profondes, ce sens du vide, cette impression d\u2019\u00eatre perdu dans l\u2019espace avec une tr\u00e8s vague lueur d\u2019orientation. Non, il faut de la patience et de la pers\u00e9v\u00e9rance pour pouvoir soulager, du moins partiellement, ces \u00e9tats d\u2019\u00e2me. Et j\u2019ai confiance que chaque sourire que ces enfants trouvent \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de leurs c\u0153urs et nous donnent, \u00e0 moi, \u00e0 Vivi, aux autres b\u00e9n\u00e9voles, cache une petite part de gu\u00e9rison, qui vient tr\u00e8s doucement, petit \u00e0 petit, contribuer \u00e0 la reconstruction de ce que la guerre a si sauvagement bris\u00e9 et fait voler en \u00e9clats \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de leur \u00e2me.<\/p>\n<p>Depuis ce premier jour, Vivi et moi continuons \u00e0 visiter le camp du hangar E1 tous les mercredis. Deux semaines apr\u00e8s notre premi\u00e8re visite, nous avons remarqu\u00e9 qu\u2019il y avait au port beaucoup plus de gens portant des vestes jaunes. En route vers le hangar E1, nous avons vu devant le hangar E2 une dame qui donnait un atelier avec des enfants de ce camp-l\u00e0, et d\u2019autres personnes tenant des enfants par la main.<\/p>\n<p>Une fois arriv\u00e9 au hangar E1 nous avons trouv\u00e9 d\u2019autres b\u00e9n\u00e9voles habill\u00e9s de vestes jaunes qui nous ont guid\u00e9es vers l\u2019arri\u00e8re du hangar. L\u00e0, nous avons fait la connaissance d\u2019une dame mandat\u00e9e pour \u00e9tablir des programmes pour les enfants. Elle cherchait \u00e0 organiser un service plus structur\u00e9 pour les enfants du camp.<\/p>\n<p>Cette femme se nomme Belle. Elle \u00e9tait arriv\u00e9e de Lesbos une semaine avant et s\u2019\u00e9tait mise \u00e0 travailler comme b\u00e9n\u00e9vole. Une fois les pr\u00e9sentations faites, je lui ai demand\u00e9 o\u00f9 nous devions installer notre atelier. Comme la journ\u00e9e \u00e9tait chaude et ensoleill\u00e9e (nous \u00e9tions arriv\u00e9es \u00e0 14 heures ce jour-l\u00e0, plus t\u00f4t que d\u2019habitude), elle nous a sugg\u00e9r\u00e9 de nous installer \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. Elle nous a trouv\u00e9 un bel endroit sous l\u2019ombre, et nous nous sommes mises au travail. Les enfants, comme toujours, ont \u00e9t\u00e9 accueillants et avaient h\u00e2te de mettre la main \u00e0 la p\u00e2te !<\/p>\n<p>Belle m\u2019a demand\u00e9 si j\u2019aimerais me joindre \u00e0 l\u2019\u00e9quipe de service de garde. Quand je lui ai r\u00e9pondu que j\u2019\u00e9tais b\u00e9n\u00e9vole autonome et ne voulais pas faire partie d\u2019une ONG, elle m\u2019a expliqu\u00e9 qu\u2019elle aussi \u00e9tait b\u00e9n\u00e9vole autonome, tout comme les autres gens de son groupe. Je lui ai dit alors que, puisque c\u2019\u00e9tait le cas, je pouvais m\u2019engager pour assurer les mercredis. Nous avons \u00e9chang\u00e9 nos coordonn\u00e9es Facebook.<\/p>\n<p>Ce jour-l\u00e0 j\u2019avais d\u00e9cid\u00e9 que le th\u00e8me des dessins serait \u00ab\u00a0l\u2019arbre\u00a0\u00bb. J\u2019indiquerais moi-m\u00eame comment faire le tronc avec des branches nues pour que les enfants ajoutent eux-m\u00eames des feuilles, des fleurs et des fruits \u00e0 leur guise. Je faisais mon dessin en m\u00eame temps qu\u2019eux. J\u2019ai vite remarqu\u00e9 qu\u2019ils avaient constamment besoin que je les guide et que je v\u00e9rifie leurs dessins\u00a0: chaque feuille, chaque fleur. Certains attendaient m\u00eame que je leur dise quelle couleur utiliser \u2013 ils se sont pench\u00e9s sur ces dessins pendant des heures.<\/p>\n<p>Un petit gar\u00e7on qui ne devait avoir que 3 ou 4 ans s\u2019est approch\u00e9 de moi pour me faire manger du pain. Il \u00e9tait fort insistant. Je l\u2019ai pris sur mes genoux et ai continu\u00e9 \u00e0 dessiner. Il voulait m\u2019aider, alors j\u2019ai pris sa main et nous avons dessin\u00e9 ensemble. Pour repr\u00e9senter les fleurs, j\u2019ai fait cinq points dispos\u00e9s en cercle avec un autre au centre. Avec chaque point que je marquais dans le cercle, je disais \u00ab\u00a0tic \u2013 tic \u2013 tic \u2013 tic \u2013 tic\u00a0\u00bb, et avec celui du centre, \u00ab\u00a0tac\u00a0\u00bb. Les enfants ont ri, et le petit me taquinait en faisant un point sur ma joue avec un crayon-feutre chaque fois que je disais \u00ab\u00a0tac\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Ce gar\u00e7on habite encore dans le port du Pir\u00e9e avec ses parents, qui ont deux autres enfants. Il a beaucoup grandi, et il vient me sourire \u00e0 chaque visite.<\/p>\n<p>Mes ateliers du mercredi ont beaucoup \u00e9volu\u00e9. Je fais maintenant du tissage et du tricot avec les enfants (car ils font suffisamment de dessin avec d\u2019autres professeurs). Je pourrai peut-\u00eatre commencer \u00e0 leur montrer une autre forme de dessin quand je l\u2019aurai bien assimil\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 mes lectures et \u00e0 mes cours de formation donn\u00e9s par M. Mihalis. Mais la plupart du temps, ce sont les enfants qui me guident en ce qui concerne leurs besoins \u00e0 eux. C\u2019est comme si nous nous connaissions depuis tr\u00e8s longtemps. J\u2019ai beau ne parler ni arabe ni farsi, nous communiquons sur un niveau beaucoup plus profond simplement avec nos yeux.<\/p>\n<p>Je suis dans ma deuxi\u00e8me ann\u00e9e de formation en p\u00e9dagogie Waldorf, formation offerte par la <em>Waldorf Association<\/em>. Je consulte M. Mihalis sur les questions qui surgissent dans mes ateliers. Ses conseils m\u2019ont beaucoup aid\u00e9e, et j\u2019ai pu, gr\u00e2ce \u00e0 ses conseils, aider beaucoup d\u2019autres b\u00e9n\u00e9voles. Je suis profond\u00e9ment reconnaissante de pouvoir \u00eatre ainsi guid\u00e9e dans mon travail.<\/p>\n<p>Lorsque j\u2019ai pr\u00e9sent\u00e9 l\u2019atelier de tissage et de tricot au groupe de b\u00e9n\u00e9voles, et que je leur ai expliqu\u00e9 que j\u2019avais re\u00e7u un don d\u2019un membre de la <em>Waldorf Association<\/em> pour acheter du mat\u00e9riel, Belle m\u2019a confi\u00e9 qu\u2019elle a elle-m\u00eame quatre enfants \u00ab\u00a0Waldorf\u00a0\u00bb et qu\u2019elle a une ferme o\u00f9 elle \u00e9l\u00e8ve des alpagas et o\u00f9 elle pratique l\u2019apiculture.<\/p>\n<p>Mon travail commun avec le groupe de b\u00e9n\u00e9voles ind\u00e9pendants au Pir\u00e9e a lui aussi \u00e9volu\u00e9. Belle a eu la brillante id\u00e9e de cr\u00e9er un projet scolaire mobile \u2013 une \u00ab\u00a0\u00e9cole\u00a0\u00bb dans un conteneur qui peut \u00eatre d\u00e9plac\u00e9 pour servir l\u00e0 o\u00f9 n\u00e9cessaire. La premi\u00e8re \u00ab\u00a0\u00e9cole conteneur\u00a0\u00bb se trouve actuellement derri\u00e8re le hangar E1 depuis le mois d\u2019avril. Elle sert d\u2019espace de stockage pour notre mat\u00e9riel scolaire. L\u2019espace autour du conteneur est am\u00e9nag\u00e9 chaque matin et chaque apr\u00e8s-midi avec des tapis et des tables offerts par des donataires particuliers. Cela me permet de jouir d\u2019un espace convenable pour donner mes ateliers de tissage et de tricot.<\/p>\n<p>On a permis aux plus vieux d\u2019utiliser quelques tables dans un caf\u00e9 qui se trouve tout pr\u00e8s, au deuxi\u00e8me \u00e9tage d\u2019un b\u00e2timent du port. L\u00e0, on leur donne des cours d\u2019anglais et de math\u00e9matiques. Ces cours sont organis\u00e9s par des b\u00e9n\u00e9voles, mais on trouve toujours des b\u00e9n\u00e9voles parmi les r\u00e9fugi\u00e9s qui ont \u00e9t\u00e9 professeurs dans leur pays d\u2019origine et qui parlent arabe (pour les enfants syriens) ou farsi (pour les enfants afghans).<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9cole se nomme \u2018\u00a0Projet Schoolbox\u2019 et ouvre ses portes tous les jours de 11 heures \u00e0 18 heures (y compris le samedi et le dimanche) et fonctionne gr\u00e2ce \u00e0 des b\u00e9n\u00e9voles de diverses origines qui viennent selon leurs disponibilit\u00e9s. Ils restent connect\u00e9s via un groupe Facebook ferm\u00e9. Ce groupe comptait une vingtaine de membres quand je m\u2019y suis inscrite fin mars\/d\u00e9but avril. Il compte actuellement 185 membres et le nombre d\u2019adh\u00e9rents ne cesse de grandir.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/theschoolboxproject\/\">https:\/\/www.facebook.com\/theschoolboxproject\/<\/a><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.theschoolboxproject.org\/\">http:\/\/www.theschoolboxproject.org\/<\/a><\/p>\n<p>Il s\u2019agit ici du site public. Belle a fait des d\u00e9marches pour faire du projet un organisme \u00e0 but non lucratif dans le but de satisfaire aux exigences l\u00e9gales. Pourtant, l\u2019\u00e9cole sera toujours g\u00e9r\u00e9e sur le terrain par des b\u00e9n\u00e9voles ind\u00e9pendants. L\u2019organisme s\u2019occupera de l\u2019emplacement des conteneurs et de l\u2019obtention des permis n\u00e9cessaires pour que nous ayons acc\u00e8s aux camps.<\/p>\n<p>Nous nous r\u00e9unissons au caf\u00e9 du port tous les mercredis \u00e0 10 heures, avant l\u2019ouverture de l\u2019\u00e9cole. Ces rencontres servent \u00e0 pr\u00e9senter les nouveaux b\u00e9n\u00e9voles, \u00e0 parler des difficult\u00e9s rencontr\u00e9es, et \u00e0 organiser les le\u00e7ons extraordinaires de la semaine selon les sp\u00e9cialit\u00e9s des b\u00e9n\u00e9voles pr\u00e9sents.<\/p>\n<p>Au cours de la semaine derni\u00e8re, Belle a lanc\u00e9 en ligne une formation ax\u00e9e sur les soins de victimes ayant v\u00e9cu des situations de trauma, et ce cours est maintenant obligatoire pour tous les b\u00e9n\u00e9voles. Cette formation aidera \u00e9norm\u00e9ment \u00e0 pr\u00e9parer les b\u00e9n\u00e9voles pour ce qu\u2019ils trouveront ici. Elle aidera aussi ceux qui travaillent d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019\u00e9cole \u00e0 comprendre les comportements particuliers manifest\u00e9s par les \u00e9l\u00e8ves et \u00e0 les aider \u00e0 rester calmes devant de tels comportements.<\/p>\n<p>Certains b\u00e9n\u00e9voles sur le terrain sont pr\u00e9sents tous les jours ; d\u2019autres, comme Vivi et moi, ne peuvent donner qu\u2019une journ\u00e9e par semaine. Chaque b\u00e9n\u00e9vole doit acqu\u00e9rir lui-m\u00eame les fonds n\u00e9cessaires pour fournir son mat\u00e9riel, pour assurer son transport et ses autres d\u00e9penses.<\/p>\n<p>Dans l\u2019organisation d\u00e9crite ci-dessus, je remplis le r\u00f4le de \u00ab\u00a0dame du tricot et du tissage\u00a0\u00bb. Voici une liste du mat\u00e9riel que j\u2019utilise dans mes ateliers\u00a0:<\/p>\n<p>Des cerceaux (28 pouces)<\/p>\n<p>Un sac contenant des bandelettes de diverses couleurs provenant de t-shirts d\u00e9coup\u00e9s ; des ciseaux ; et un drap sur lequel s\u2019asseoir.<\/p>\n<p>L\u2019activit\u00e9 de tissage encourage les enfants \u00e0 compter, \u00e0 mesurer, \u00e0 calculer la taille des choses ; l\u2019ouvrage est r\u00e9alis\u00e9 dans un mouvement de spirale en expansion et favorise la d\u00e9tente. Et les enfants arrivent \u00e0 se concentrer, malgr\u00e9 le brouhaha du port avec les all\u00e9es et venues incessantes de ses bateaux et ses milliers d\u2019\u00eatres humains camp\u00e9s l\u00e0 depuis maintenant des mois.<\/p>\n<p>Nous avons cr\u00e9\u00e9 des serviettes, des chapeaux, des paniers, et un sac \u00e0 main.<\/p>\n<p>Quelques-uns parmi les enfants viennent \u00e0 l\u2019atelier pour fabriquer un petit chapeau pour leur jeune s\u0153ur ou fr\u00e8re, ou un plus grand pour eux-m\u00eames. D\u2019autres aiment tout simplement l\u2019activit\u00e9 de tissage sans se soucier du r\u00e9sultat. Certains enfants commencent \u00e0 tisser \u00e0 11 heures et continuent jusqu\u2019\u00e0 la pause de midi \u2013 et je les retrouve \u00e0 mon retour vers 15 heures attendant patiemment que je leur redonne leurs cerceaux pour qu\u2019ils puissent continuer leur ouvrage. Et ils continuent leur activit\u00e9 de tissage jusqu\u2019\u00e0 la fermeture !<\/p>\n<p>Une chose essentielle que cet atelier apporte aux enfants, c\u2019est le sentiment qu\u2019ils cr\u00e9ent eux-m\u00eames quelque chose de pratique qui peut servir dans leur vie quotidienne. Car il faut avouer que dans le camp, tout ce que ces individus re\u00e7oivent leur est fourni tout fait\u00a0: les repas tout faits et pr\u00eats \u00e0 consommer ; les m\u00e9dicaments arrivent pr\u00e9par\u00e9s ; les v\u00eatements leur sont donn\u00e9s (quoique souvent de la mauvaise taille, surtout en ce qui concerne la pointure des chaussures). De cette mani\u00e8re, les gens perdent le sens de leur propre capacit\u00e9 de cr\u00e9er et de b\u00e2tir quelque chose d\u2019utile pour leur propre vie ; une sorte de l\u00e9thargie s\u2019installe ; les gens se mettent \u00e0 mendier pour recevoir ce dont ils ont besoin. Nous, nous cr\u00e9ons des chapeaux, des serviettes \u2013 pas grand-chose, peut-\u00eatre, mais du moins il s\u2019agit de quelque chose de pratique que les enfants ont fabriqu\u00e9 eux-m\u00eames !<\/p>\n<p>Les enfants savent tr\u00e8s bien que je ne peux pas m\u2019occuper de plus de 10 ou 12 \u00e9l\u00e8ves \u00e0 la fois (en comptant le travail individuel et le tissage en groupe). Ils s\u2019efforcent tous d\u2019\u00eatre parmi les enfants choisis pour participer, m\u2019attendant \u00e0 l\u2019arr\u00eat d\u2019autobus et s\u2019empressant de me suivre jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9cole \u00ab\u00a0Schoolbox\u00a0\u00bb pour pouvoir recevoir un cerceau.<\/p>\n<p>En raison des vies tragiques qu\u2019ils ont v\u00e9cues jusque-l\u00e0, ils souffrent d\u2019anxi\u00e9t\u00e9 permanente , ayant peur que je n\u2019aie pas assez de temps pour les aider. Ils persistent, mais un sourire de ma part peut les rassurer \u2013 ils ont tellement besoin qu\u2019on manifeste de la bont\u00e9 envers eux.<\/p>\n<p>Et pourtant, seule, je ne r\u00e9ussis pas \u00e0 m\u2019occuper de tous les enfants. Mercredi dernier, Jess, une b\u00e9n\u00e9vole australienne, est venue m\u2019aider pour l\u2019atelier de tissage. Nous avons pu faire travailler les enfants \u00e0 8 cerceaux simultan\u00e9ment durant la session de l\u2019apr\u00e8s-midi. J\u2019ose quand m\u00eame imaginer ce sc\u00e9nario d\u2019une mani\u00e8re encore plus r\u00e9ussie\u00a0: un b\u00e9n\u00e9vole pour chaque 4 cerceaux, un maximum de 8 enfants par b\u00e9n\u00e9vole, la formation d\u2019un grand cercle o\u00f9 nous chanterions une ronde tous ensemble. J\u2019ai m\u00eame compos\u00e9 une chanson pour accompagner le rythme du tissage \u2026<\/p>\n<p>Il est important de noter qu\u2019en ce camp provisoire install\u00e9 au Pir\u00e9e on trouve en ce moment quelque 1500 r\u00e9fugi\u00e9s, la plupart venus de la Syrie et de l\u2019Afghanistan. Au mois de mars, ils \u00e9taient 4500.<\/p>\n<p>Il faut aussi faire remarquer qu\u2019il y a des enfants de tous les \u00e2ges, et que leurs parents sont aussi tr\u00e8s jeunes. Je n\u2019ai trouv\u00e9 personne qui soit \u00e2g\u00e9 de plus de 35 ans. Donc, \u00e0 mes yeux, ce sont tous des enfants !<\/p>\n<p>Le gouvernement et les autorit\u00e9s ont l\u2019intention de vider le port du Pir\u00e9e sous peu pour envoyer les habitants dans d\u2019autres installations provisoires. Il existe \u00e0 Ath\u00e8nes deux autres sites importants\u00a0: Eleonas et Ellinikos. Les conditions de vie dans ce dernier sont lamentables, et il y a beaucoup d\u2019enfants qui n\u2019ont acc\u00e8s \u00e0 aucun projet scolaire organis\u00e9 ! Nous avons l\u2019intention d\u2019y installer notre programme scolaire lorsque le port aura \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement vid\u00e9.<\/p>\n<p>Entre-temps, les bateaux continuent \u00e0 arriver des \u00eeles, pourtant avec un nombre r\u00e9duit de r\u00e9fugi\u00e9s (entre 10 et 40 par jour). Nous recevons donc beaucoup de nouveaux \u00e9l\u00e8ves \u00e0 notre \u00e9cole. Par cons\u00e9quent, le nombre d\u2019\u00e9l\u00e8ves ne diminue pas, mais un travail qui vise des progr\u00e8s scolaires r\u00e9guliers devient probl\u00e9matique. Nous devons r\u00e9\u00e9valuer la situation au jour le jour. Beaucoup de \u00ab\u00a0bonjour\u00a0\u00bb et beaucoup de \u00ab\u00a0au revoir\u00a0\u00bb, beaucoup de sourires et beaucoup de larmes (mais nous ne manifestons pas notre tristesse devant les enfants !), beaucoup de pri\u00e8res. Nous avons besoin de manifestations de tendresse provenant de tous les coins de la terre !<\/p>\n<p>Encore une fois, nous vous remercions chaleureusement de votre int\u00e9r\u00eat et de votre g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9.<\/p>\n<p>Avec notre amour le plus sinc\u00e8re.<\/p>\n<p>Helga<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le projet p\u00e9dagogique d\u2019aide aux enfants et aux familles de r\u00e9fugi\u00e9s en Gr\u00e8ce en appelle \u00e0 la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 du public. Il y a deux fa\u00e7ons d\u2019appuyer son action\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>En allant travailler comme b\u00e9n\u00e9voles en Gr\u00e8ce, \u00e0 Ath\u00e8nes et ailleurs, id\u00e9alement pendant quatre semaines, deux minimum\u00a0;<\/li>\n<li>En appuyant financi\u00e8rement Helga Natoli pour l\u2019achat de mat\u00e9riel et de services \u00e9ducatifs, par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019Ingrid Krause. Celle-ci lui remettra l\u2019argent en main propre lors de son prochain voyage en Gr\u00e8ce. On peut la rejoindre au 450 532-3540. Son courriel\u00a0: <u>ingkrause@cooptel.qc.ca<\/u><\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Ingrid Krause, membre de la Soci\u00e9t\u00e9 anthroposophique vivant au Qu\u00e9bec, est de retour de Gr\u00e8ce, un pays qui lui est familier. Elle l\u2019a travers\u00e9 une premi\u00e8re fois en moto, peu apr\u00e8s ses \u00e9tudes universitaires en Allemagne. Elle y est retourn\u00e9e cinq fois depuis sa&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"inline_featured_image":false,"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-3243","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-nouvelles-publique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/anthroposophy.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3243","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/anthroposophy.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/anthroposophy.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/anthroposophy.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/anthroposophy.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3243"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/anthroposophy.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3243\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3244,"href":"https:\/\/anthroposophy.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3243\/revisions\/3244"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/anthroposophy.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3243"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/anthroposophy.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3243"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/anthroposophy.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3243"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}