{"id":3909,"date":"2018-01-21T12:16:49","date_gmt":"2018-01-21T17:16:49","guid":{"rendered":"http:\/\/www.asc.wdtest.info\/fr\/?p=3909"},"modified":"2018-01-21T12:16:49","modified_gmt":"2018-01-21T17:16:49","slug":"via-michaelis-a-pied-de-mon-village-natal-au-goetheanum-michel-dongois","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/anthroposophy.ca\/fr\/via-michaelis-a-pied-de-mon-village-natal-au-goetheanum-michel-dongois\/","title":{"rendered":"Via Michaelis \u00c0 pied de mon village natal au Goetheanum &#8211; Michel Dongois"},"content":{"rendered":"<p>INTRO<\/p>\n<p>Relier \u00e0 pied mon village natal, Culmont, en Champagne, au Goetheanum. Je viens de r\u00e9aliser ce r\u00eave d\u2019honorer mon lien de longue date \u00e0 l\u2019anthroposophie. Un p\u00e8lerinage volontairement solitaire, que j\u2019ai baptis\u00e9 <em>Via Michaelis. <\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p>TEXTE<\/p>\n<p>Je suis arriv\u00e9 sac au dos \u00e0 Dornach le 29 septembre dernier, apr\u00e8s trois semaines pass\u00e9es sur la route, dont 12 jours de marche \u00e0 travers cinq d\u00e9partements fran\u00e7ais et trois cantons suisses. Quelque 200 kilom\u00e8tres s\u00e9parent mon village de Dornach. Soucieux d\u2019\u00e9viter la grand-route, j\u2019ai personnalis\u00e9 un trac\u00e9 d\u2019environ 250 kilom\u00e8tres, via des chemins communaux et d\u00e9partementaux. Il ne s\u2019\u00e9loignait jamais trop de la nationale 19, voie habituelle vers la Suisse depuis Paris, et de la ligne ferroviaire Paris-B\u00e2le. Ces deux axes me faisaient r\u00eaver, enfant, car ils pointaient vers l\u2019Est, l\u00e0 o\u00f9 me portent mes aspirations.<\/p>\n<p>Le Goetheanum \u00ab doit \u00eatre le symbole de ce qui doit \u00eatre accompli pour l\u2019\u00e9l\u00e9vation de l\u2019humanit\u00e9 \u00bb, \u00e9crit Rudolf Steiner*. Un lieu-carrefour, int\u00e9grateur. Cap \u00e0 l\u2019Est donc, avec pour objectif ultime la statue du Repr\u00e9sentant de l\u2019humanit\u00e9, qui \u00e9voque la confrontation de l\u2019humanit\u00e9 aux deux forces du mal, que Rudolf Steiner appelle Lucifer et Ahriman. La statue r\u00e9v\u00e8le aussi une alternative, une troisi\u00e8me voie, celle du milieu, qu\u2019on emprunte en choisissant librement de se relier au Christ. Mon p\u00e8lerinage avait pour coloration int\u00e9rieure la recherche de la voie du milieu. Chemin faisant, j\u2019\u00e9tais donc attentif \u00e0 identifier des situations, int\u00e9rieures ou ext\u00e9rieures, qui appellent \u00e0 rep\u00e9rer le point d\u2019\u00e9quilibre, la posture morale, parfois subtile et toujours mouvante, qui nous fait \u00e9viter les extr\u00eames.<\/p>\n<p><strong>Naissance, renaissance<\/strong><\/p>\n<p>Je me suis mis en route le sac \u00e0 dos l\u00e9ger, mais l\u2019esprit encombr\u00e9. Je venais en effet d\u2019achever un cycle de 42 ans de journalisme, ce voyage marquant une transition vers la retraite. Il \u00e9tait \u00e0 la fois synth\u00e8se de tout ce qui m\u2019a construit, avec un profond sentiment de reconnaissance \u00e0 la vie, et occasion d\u2019initier un nouveau d\u00e9part. Marcher de mon lieu de naissance \u00e0 un lieu de renaissance, en esprit d\u2019anthroposophie, elle-m\u00eame \u00ab chemin de connaissance \u00bb, c\u2019\u00e9tait retourner \u00e0 ma source spirituelle. Effectuer un chemin \u00e0 rebours en somme, remonter mon fil d\u2019Ariane personnel.<\/p>\n<p>Ancien p\u00e8lerin de Compostelle, je me suis souvent demand\u00e9 si le lieu o\u00f9 l\u2019on se rend en p\u00e8lerinage n\u2019est pas aussi, en m\u00eame temps, celui d\u2019o\u00f9 l\u2019on est envoy\u00e9. On en repart alors pour mieux accomplir sa mission, apr\u00e8s s\u2019\u00eatre rapproch\u00e9 des forces spirituelles ayant pr\u00e9sid\u00e9 \u00e0 notre envoi dans le monde physique. N\u2019y aurait-il pas l\u00e0 alors comme un parfum d\u2019innatalit\u00e9* planant sur mon p\u00e9riple? Un voyage intuitif ? J\u2019avais ces pens\u00e9es en t\u00eate en m\u2019engageant sur la <em>Via Michaelis<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Longue randonn\u00e9e <\/strong><\/p>\n<p>Depuis longtemps la longue randonn\u00e9e et ses rituels me sont une inestimable \u00e9cole de confiance, en soi et en la vie. Quelle pl\u00e9nitude que de se sentir mobile et de tisser \u00e0 chaque pas une relation directe au monde ! La clef du succ\u00e8s se r\u00e9sume d\u2019abord \u00e0 la classique formule des randonneurs : \u00ab 40 % dans les chaussures et 60 % dans le moral \u00bb. Le reste, c\u2019est la route, les rencontres et le monde qui s\u2019ouvre \u00e0 soi.<\/p>\n<p>La m\u00e9t\u00e9o m\u2019a \u00e9t\u00e9 favorable, l\u2019abribus ou le hangar agricole providentiel me prot\u00e9geant des rares averses. Je traverse des villages presque d\u00e9serts, o\u00f9 une maison se vend quasiment au prix d\u2019une voiture. Par endroits, la nature est laiss\u00e9e \u00e0 l\u2019abandon. Repos b\u00e9n\u00e9fique de la terre certes, mais aussi terrain de jeu pour les exp\u00e9riences des Monsanto de ce monde, loin du regard public. Tr\u00e8s souvent, les fruits ne sont plus ramass\u00e9s. Je me r\u00e9galerai \u00e0 l\u2019occasion de prunes ou de pommes recueillies dans les foss\u00e9s. Tr\u00e8s peu de monde dehors, mais je croise toujours au bon moment la femme qui me donne de l\u2019eau, l\u2019homme qui me remet sur le bon chemin.<\/p>\n<p><strong>Le Corbusier<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/IMG_3509.jpg\" rel=\"attachment wp-att-3904\"><img decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-3904\" src=\"https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/IMG_3509.jpg\" alt=\"IMG_3509\" width=\"256\" height=\"192\" \/><\/a>Souhaitant vivre mon p\u00e9riple comme une fantaisie, un \u00e9lan du coeur, je n\u2019avais rien vraiment planifi\u00e9, sauf deux escales majeures : le monast\u00e8re Sainte-Claire, \u00e0 Ronchamp, pr\u00e8s de Belfort, et l\u2019abbaye b\u00e9n\u00e9dictine Notre-Dame de la Pierre (Mariastein), en Suisse. Amateur d\u2019h\u00f4telleries monastiques, j\u2019appr\u00e9cie ces lieux d\u2019accueil et de discr\u00e9tion, o\u00f9 j\u2019ai r\u00e9serv\u00e9 plusieurs nuits. Pour le reste, il y a l\u2019h\u00f4tel ou la chambre d\u2019h\u00f4te.<\/p>\n<p>Me voil\u00e0 grimpant l\u2019ancien chemin de p\u00e8lerinage menant au sommet de la colline de Ronchamp. Le Corbusier l\u2019emprunta en 1950 pour y reconstruire la chapelle, l\u2019un des 4 000 \u00e9difices religieux d\u00e9truits en France par la guerre. Un dilemme opposait alors anciens et modernes: reconstruire \u00e0 l\u2019identique ou innover ? Le Corbusier choisit le nouveau, pliant \u00e0 sa volont\u00e9 le b\u00e9ton, son mat\u00e9riau f\u00e9tiche, utilisant aussi la lumi\u00e8re comme mat\u00e9riau \u00e0 part enti\u00e8re, pour mieux diriger le regard vers le ciel. \u00ab Si le soleil entre dans la maison, il est un peu dans votre coeur \u00bb, disait-il.<\/p>\n<p>L\u2019architecte a voulu la chapelle comme un \u00ab lieu de silence, de pri\u00e8re, de paix et de joie int\u00e9rieure. \u00bb Mais elle vieillit mal et n\u00e9cessite bien des r\u00e9parations. Deviendra-t-elle mus\u00e9e, fig\u00e9e dans son statut d\u2019ic\u00f4ne architecturale du 20e si\u00e8cle ? L\u2019arriv\u00e9e des soeurs Clarisses apporte alors un second souffle \u00e0 la colline, lieu de p\u00e8lerinage marial attest\u00e9 depuis le 11e si\u00e8cle.<\/p>\n<p>L\u2019architecte Renzo Piano (Centre national d\u2019art et de culture Georges-Pompidou, Paris; The Shard, Londres) \u00e9tablit les plans de leur monast\u00e8re. Il ne veut \u00ab ni s\u2019imposer, ni s\u2019effacer \u00bb devant l\u2019oeuvre de Le Corbusier. Et pour ne pas lui porter ombrage, le monast\u00e8re sera en partie souterrain, \u00e0 flanc de colline, \u00ab se maintenant au plus pr\u00e8s du sol et recevant la lumi\u00e8re d\u2019en haut. \u00bb Les soeurs y emm\u00e9nageront en 2011.<\/p>\n<p><strong>Espace indicible<\/strong><\/p>\n<p>Lorsqu\u2019une oeuvre est \u00e0 son maximum d\u2019intensit\u00e9, de proportion, de qualit\u00e9 d\u2019ex\u00e9cution, de perfection, expliquait pour sa part Le Corbusier, les lieux se mettent \u00e0 rayonner, physiquement. \u00ab Ils d\u00e9terminent ce que j&rsquo;appelle <em>l&rsquo;espace indicible<\/em>, c&rsquo;est-\u00e0-dire qui ne d\u00e9pend pas des dimensions, mais de la qualit\u00e9 de perfection : c&rsquo;est du domaine de l\u2019ineffable. \u00bb Cet espace qui rayonne se situe au point de rencontre, dans l\u2019harmonie, des forces d\u2019en haut et de celles du bas, entre l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et pesanteur. Et ce qui vaut pour l\u2019architecture peut-il aussi valoir pour l\u2019\u00eatre humain ? Je me posais la question en fl\u00e2nant sur la colline. Comment trouver en nous cet espace rayonnant, contrepoids au foyer de destruction que chacun porte en soi, et qu\u2019\u00e9voque Rudolf Steiner ?** Cet espace repr\u00e9sente-t-il aussi l\u2019\u00e9quilibre instable entre des forces extr\u00eames ?<\/p>\n<p>De Ronchamp, la Suisse n\u2019est pas tr\u00e8s loin. Je traverse la fronti\u00e8re, \u00e0 peine mat\u00e9rialis\u00e9e, apr\u00e8s avoir suivi un bout du <em>Circuit du kilom\u00e8tre z\u00e9ro du front Ouest<\/em>. Ce sentier de sept kilom\u00e8tres montre les vestiges des trois fronts (fran\u00e7ais, suisse, allemand) durant la Premi\u00e8re Guerre mondiale. J\u2019imaginais Rudolf Steiner et ses collaborateurs \u00e9rigeant le premier Goetheanum au son du canon tout proche. Le front Ouest comprenait un chapelet de casemates s\u2019\u00e9tirant sur pr\u00e8s de 750 kilom\u00e8tres, de la fronti\u00e8re suisse \u00e0 la Mer du Nord. Les soldats allemands qualifiaient \u00e0 la blague le point z\u00e9ro de \u00ab Terminus du m\u00e9tro Ostende-Suisse \u00bb.<\/p>\n<p><strong>Nicolas de Fl\u00fce<\/strong><\/p>\n<p>Une promenade bucolique me fait d\u00e9boucher sur l\u2019abbaye b\u00e9n\u00e9dictine, en charge du sanctuaire marial de Mariastein. \u00c0 mon arriv\u00e9e, la communaut\u00e9 monastique c\u00e9l\u00e9brait, expo \u00e0 l\u2019appui, le 600<sup>e<\/sup> anniversaire de naissance de Nicolas de Fl\u00fce, patron de la Suisse (1417-1487). Homme universel, \u00e0 la fois paysan, conseiller des princes et des \u00e9v\u00eaques, p\u00e8lerin et chercheur spirituel, il a jou\u00e9 les m\u00e9diateurs, alors qu\u2019une guerre civile mena\u00e7ait la Conf\u00e9d\u00e9ration suisse. Il a r\u00e9concili\u00e9 les cantons ruraux, les amenant \u00e0 accepter d\u2019y int\u00e9grer deux cantons urbains, ceux de Fribourg et de Soleure, o\u00f9 se trouve l\u2019abbaye.<\/p>\n<p>Appliquant sa r\u00e8gle de vie &#8211; <em>s\u2019ob\u00e9ir mutuellement<\/em> -, il a inaugur\u00e9 un nouveau style de rapports sociaux, dans le milieu familial comme sur la sc\u00e8ne politique, recherchant des solutions \u00e0 l\u2019avantage de tous. Un pr\u00e9curseur en quelque sorte du r\u00f4le civilisateur que jouera plus tard la Suisse (Croix-Rouge, Soci\u00e9t\u00e9 des nations, conventions de Gen\u00e8ve, d\u00e9mocratie directe).<\/p>\n<p>Beaucoup attribuent aussi \u00e0 Nicolas de Fl\u00fce le salut de la Suisse lorsque, le 10 mai 1940, les nazis envahissent trois pays neutres &#8211; Belgique, Luxembourg, Pays-Bas &#8211; pour attaquer la France. Ils annoncent le 12 mai que dans les 48 heures, plus aucun \u00c9tat neutre ne subsistera en Europe. La Suisse attend l\u2019assaut allemand pour la nuit du 14 au 15 mai. Or, le 13 au soir, un lundi de Pentec\u00f4te, 15 personnes voient appara\u00eetre dans le ciel \u00e0 Waldenburg, non loin de Mariastein, une main lumineuse interpr\u00e9t\u00e9e comme \u00e9tant celle, protectrice, de Nicolas sur la Suisse. Nuage en forme de main ? Un myst\u00e8re, la<em> main de Waldenburg,<\/em> mais le pays est \u00e9pargn\u00e9.<\/p>\n<p>De Mariastein au Goetheanum, il me reste \u00e0 peine cinq heures de marche. Je salue en passant le g\u00e9nie suisse, dont le r\u00e9seau de chemins p\u00e9destres <sub> \u2014 <\/sub>sentiers pour pi\u00e9tons ou de randonn\u00e9e \u2014 est l\u2019un des mieux signalis\u00e9s au monde. Des indications omnipr\u00e9sentes permettent ainsi de joindre \u00e0 pied un lieu \u00e0 un autre, partout au pays. La Suisse s\u2019appr\u00eate \u00e0 appliquer ce savoir-faire au v\u00e9lo, en vue d\u2019humaniser les d\u00e9placements.<\/p>\n<p><strong>Espace vide<\/strong><\/p>\n<p>D\u00e9j\u00e0 le Goetheanum se profile \u00e0 l\u2019horizon. Je me rends \u00e0 la Haus Friedwart, o\u00f9 je loge. N\u2019ayant aucune attente,<a href=\"https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/IMG_3591.jpg\" rel=\"attachment wp-att-3907\"><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-3907 alignright\" src=\"https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/IMG_3591.jpg\" alt=\"IMG_3591\" width=\"192\" height=\"256\" \/><\/a> sinon celle de l\u2019exp\u00e9rience de la route elle-m\u00eame, je suis heureux d\u2019avoir atteint mon objectif. Trois jours durant, je m\u2019impr\u00e8gne de l\u2019esprit du lieu, explorant aussi les environs du Goetheanum, bord\u00e9 au nord par des champs fra\u00eechement labour\u00e9s. J\u2019y vois une promesse de semences et d\u2019esp\u00e9rance \u00e0 venir.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/IMG_3575.jpg\" rel=\"attachment wp-att-3906\"><img decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-3906\" src=\"https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/IMG_3575.jpg\" alt=\"IMG_3575\" width=\"192\" height=\"256\" \/><\/a>Je croise quelques participants venus assister \u00e0 la rencontre de la Micha\u00e9lie, intitul\u00e9e <em>Impulsion pour l\u2019avenir : le Goetheanum, de 1917 \u00e0 2017. <\/em>J\u2019attrape la pl\u00e9ni\u00e8re de la fin, o\u00f9 il est notamment question, pour tous les acteurs sociaux, du juste prix des biens et des services et de l\u2019urgence de forger un avenir \u00e9conomique refl\u00e9tant la fraternit\u00e9. La crise des migrants teinte \u00e9galement les d\u00e9bats.<\/p>\n<p>\u00catre au Goetheanum pour la Micha\u00e9lie me ravit, moi qui voue une profonde d\u00e9votion \u00e0 l\u2019Archange dont je porte le nom. N\u00e9anmoins, je touche aussi un espace vide, je me sens comme dans un \u00e9tat naissant : ce p\u00e8lerinage, et puis apr\u00e8s ? Est-ce donc cela aussi, l\u2019esprit de Micha\u00ebl, qui nous appelle dans la discr\u00e9tion tout en nous laissant libres ? La statue du Repr\u00e9sentant de l\u2019humanit\u00e9, \u00ab terminus \u00bb de mon voyage, m\u2019appara\u00eet alors comme la lampe du sanctuaire, exhortation \u00e0 l\u2019\u00e9veil et \u00e0 la pr\u00e9sence vigilante, ferment de renouveau aussi, pour la suite des choses.<\/p>\n<p>Sac au dos, je regagne la France en quelques heures, en longeant la Birse, affluent du Rhin. Me voici \u00e0 Huningue, en Alsace, sur la Passerelle des trois pays, qui fait franchir le Rhin aux pi\u00e9tons et cyclistes venus d\u2019Allemagne, de France ou de Suisse. Je prends ensuite le train vers mon village natal.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sistance<\/strong><\/p>\n<p>Avec le recul, j\u2019ai conscience d\u2019avoir particip\u00e9 \u00e0 un mouvement social majeur, celui des p\u00e8lerinages, sain contrepoids \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 virtuelle. Il inclut le recours aux itin\u00e9raires culturels du Conseil de l\u2019Europe, dont le plus connu &#8211; Les chemins de Saint-Jacques de Compostelle &#8211; a donn\u00e9 le coup d\u2019envoi \u00e0 tous les autres, en 1987. Le mot <em>spirituel <\/em>ne passant plus, le Conseil (47 \u00c9tats membres) utilise le vocable <em>culturel <\/em>pour d\u00e9signer ces chemins qui ont fa\u00e7onn\u00e9 l\u2019identit\u00e9 europ\u00e9enne. Il reconnait 32 itin\u00e9raires, dont plusieurs comportent des portions p\u00e9destres <a href=\"https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/IMG_3566.jpg\" rel=\"attachment wp-att-3905\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-3905\" src=\"https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/IMG_3566.jpg\" alt=\"IMG_3566\" width=\"256\" height=\"192\" \/><\/a>(<em>Via Francigena<\/em>, de Canterbury \u00e0 Rome, Itin\u00e9raire Saint-Martin de Tours, <em>Transromanica<\/em> &#8211; itin\u00e9raires romans -, voies europ\u00e9ennes de Mozart, Route europ\u00e9enne des abbayes cisterciennes, etc.).<\/p>\n<p>Celles et ceux qui les empruntent \u00e0 pied se trouvent souvent \u00e0 un moment-charni\u00e8re de leur vie &#8211; divorce, maladie, d\u00e9but ou fin de carri\u00e8re. En suivant sa voie, en renfor\u00e7ant son identit\u00e9 propre, chacun se relie ainsi aux autres, en un acte de r\u00e9sistance \u00e0 la m\u00e9canisation du monde.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>*Rudolf Steiner, <em>Les impulsions sociales \u00e0 la lumi\u00e8re de la science de l\u2019esprit<\/em>.<\/p>\n<p>**Rudolf Steiner, <em>Anthrosophie une cosmosophie<\/em>, tome 1, conf\u00e9rences 1 et 2, Dornach, 23 septembre 1921. \u00c9ditions anthroposophiques romandes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Michel Dongois<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>INTRO Relier \u00e0 pied mon village natal, Culmont, en Champagne, au Goetheanum. Je viens de r\u00e9aliser ce r\u00eave d\u2019honorer mon lien de longue date \u00e0 l\u2019anthroposophie. 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