{"id":4318,"date":"2018-05-24T15:49:25","date_gmt":"2018-05-24T19:49:25","guid":{"rendered":"https:\/\/anthroposophy.ca\/?p=4318"},"modified":"2018-05-24T15:49:25","modified_gmt":"2018-05-24T19:49:25","slug":"le-retable-dissenheim","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/anthroposophy.ca\/fr\/le-retable-dissenheim\/","title":{"rendered":"Le retable d\u2019Issenheim"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/Isenheimer-Altar-Bilder-195-177x300.jpeg\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignleft  wp-image-4297\" src=\"https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/Isenheimer-Altar-Bilder-195-177x300.jpeg\" alt=\"\" width=\"224\" height=\"380\" srcset=\"https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/Isenheimer-Altar-Bilder-195-177x300.jpeg 177w, https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/Isenheimer-Altar-Bilder-195-603x1024.jpeg 603w, https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/Isenheimer-Altar-Bilder-195.jpeg 754w\" sizes=\"(max-width: 224px) 100vw, 224px\" \/><\/a>Je suis tr\u00e8s heureuse de pouvoir annoncer la parution d\u2019une traduction en anglais du magnifique livre de Michael Schubert intitul\u00e9 : \u00ab\u00a0<em>The Isenheim Altarpiece\u00a0<\/em>\u00bb (Le retable d\u2019Issenheim). L\u2019original avait \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 en allemand en 2007 et avait re\u00e7u un accueil tr\u00e8s favorable. Ce retable en forme de triptyque a \u00e9t\u00e9 peint il y a plus de 500 ans par Matthias Gr\u00fcnewald, artiste d\u2019une imagination et d\u2019un technique exceptionnels, dont on conna\u00eet peu de chose. Command\u00e9 par un abb\u00e9 antonin au tournant du seizi\u00e8me si\u00e8cle et mont\u00e9 dans la chapelle du monast\u00e8re d\u2019Issenheim, le retable est vite devenu une source d\u2019espoir et de gu\u00e9rison pour les malades de l\u2019hospice atteints du \u00ab\u00a0feu de St. Antoine\u00a0\u00bb, une maladie fatale contract\u00e9e par la consommation de seigle contamin\u00e9. Une ic\u00f4ne d\u2019harmonie et de gr\u00e2ce c\u00e9leste, cette peinture peut servir d\u2019antidote contre les soucis quotidiens occasionn\u00e9s par la turbulence et l\u2019agitation globales de notre \u00e9poque. Le nombre croissant de visiteurs du mus\u00e9e de Colmar, en France, o\u00f9 ce polyptyque est actuellement expos\u00e9, t\u00e9moigne de sa r\u00e9putation comme \u00e9tant une importante cr\u00e9ation artistique de nature transcendante.<\/p>\n<p>On dit qu\u2019une v\u00e9ritable \u0153uvre d\u2019art op\u00e8re d\u2019elle-m\u00eame une transformation dans l\u2019\u00e2me du spectateur. Cette intention est implicite dans le retable. Comme tant d\u2019autres grandes peintures religieuses de la renaissance, qui unissent les valeurs esth\u00e9tiques et spirituelles, le mariage de beaut\u00e9 et de v\u00e9rit\u00e9 de ce retable se communique \u00e0 travers un m\u00e9lange inspir\u00e9 de couleurs et de formes. La beaut\u00e9 de ces images bibliques et les myst\u00e8res qui les accompagnent ont le pouvoir de nous couper le souffle, touchant des recoins de notre \u00e2me qui n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 atteints auparavant. Nous nous trouvons envahis par un sentiment d\u2019\u00e9merveillement, de paix et de reconnaissance. Cette exp\u00e9rience de la beaut\u00e9 d\u00e9passe le pouvoir des mots; elle occasionne une saisie instinctive de la v\u00e9rit\u00e9 qu\u2019elle renferme; le mot grec <em>aletheia<\/em>, qui signifie <em>ce qui n\u2019est pas cach\u00e9<\/em>, implique une r\u00e9v\u00e9lation de quelque chose qui existe dans les profondeurs, en dessous du niveau de ce que l\u2019\u0153il peut percevoir.<\/p>\n<p>La puissance de cette exp\u00e9rience a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e dans le v\u00e9cu m\u00eame de l\u2019auteur, Michael Schubert. Il a \u00e9t\u00e9 profond\u00e9ment secou\u00e9 et \u00e9branl\u00e9, touch\u00e9 jusqu\u2019au tr\u00e9fonds de son \u00eatre, lorsqu\u2019il s\u2019est trouv\u00e9 face au panneau du retable repr\u00e9sentant la crucifixion; il venait en effet de d\u00e9couvrir le mus\u00e9e de Colmar, situ\u00e9 \u00e0 moins d\u2019une heure de route de chez lui. Jusque-l\u00e0, il n\u2019avait pas d\u00e9velopp\u00e9 de lien particulier avec les traditions religieuses ni avec l\u2019\u00e9glise, mais l\u00e0, il a v\u00e9cu instantan\u00e9ment un moment de r\u00e9v\u00e9lation \u2013 ayant la certitude imm\u00e9diate que chaque d\u00e9tail de la peinture, chaque geste, chaque rouleau de parchemin, renfermaient une profonde signification.<\/p>\n<p>Son \u00e2me a \u00e9t\u00e9 inond\u00e9e sur le coup de questions qui allaient d\u00e9terminer la direction que prendrait sa vie durant les quarante prochaines ann\u00e9es; il allait se mettre \u00e0 \u00e9lucider l\u2019histoire et la signification du retable. Pr\u00e9serv\u00e9 par miracle au cours des si\u00e8cles, ayant \u00e9t\u00e9 d\u00e9mont\u00e9 et transport\u00e9 entre l\u2019Allemagne et la France, \u00e9chappant \u00e0 la destruction de la guerre et \u00e0 l\u2019avarice des rois et des collectionneurs, le retable allait pouvoir accomplir son destin \u2013 celui de procurer le bien-\u00eatre spirituel de ceux qui allaient \u00eatre appel\u00e9s \u00e0 le contempler.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e9poque de Gr\u00fcnewald, la foi et la croyance aux miracles r\u00e9gnaient parmi la population; toutefois, l\u2019artiste semble avoir poss\u00e9d\u00e9 une nature plus \u00e9volu\u00e9e, et il est m\u00eame possible qu\u2019il ait \u00e9t\u00e9 membre d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 secr\u00e8te. Les volets du retable, en plus de d\u00e9peindre des sc\u00e8nes bibliques connues, offrent des repr\u00e9sentations d\u2019\u00e9l\u00e9ments emprunt\u00e9s au christianisme \u00e9sot\u00e9rique. L\u2019auteur n\u2019a \u00e9pargn\u00e9 aucun effort dans ses recherches pour d\u00e9couvrir le sens cach\u00e9 des innombrables d\u00e9tails qui constituent, comme il le dit lui-m\u00eame, des \u00ab\u00a0lettres d\u2019un langage oubli\u00e9\u00a0\u00bb int\u00e9gr\u00e9es aux images peintes sur les panneaux.<\/p>\n<p>Michael Schubert a adopt\u00e9 une approche scientifique goeth\u00e9enne pour mener ses recherches, observant minutieusement chaque d\u00e9tail tout en gardant l\u2019esprit ouvert jusqu\u2019\u00e0 en saisir le sens. Son exp\u00e9rience dans le milieu scolaire Waldorf avait form\u00e9 son appr\u00e9ciation de la nature des couleurs, qui sont, selon Goethe, <em>les gestes et la souffrance de la lumi\u00e8re.<\/em> Il reconnaissait le fait que chaque couleur a un lien direct avec quelque chose de spirituel, et comprenait qu\u2019une v\u00e9ritable peinture na\u00eet du jeu entre la lumi\u00e8re, l\u2019obscurit\u00e9 et les couleurs. Gr\u00fcnewald avait capt\u00e9 un <a href=\"https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/Isenheimer-Altar-Bilder-418-3-199x300.jpeg\"><img decoding=\"async\" class=\"alignleft  wp-image-4298\" src=\"https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/Isenheimer-Altar-Bilder-418-3-199x300.jpeg\" alt=\"\" width=\"290\" height=\"438\" \/><\/a>\u00e9l\u00e9ment spirituel lumineux et rayonnant dans ses couleurs, et cela se voit de mani\u00e8re particuli\u00e8rement frappante dans la repr\u00e9sentation glorieuse de la r\u00e9surrection dont \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9clat radieux poss\u00e8de une qualit\u00e9 qui s\u2019apparente au rayonnement du soleil.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est dans une attitude de reconnaissance, de compr\u00e9hension et d\u2019amour que l\u2019auteur a \u00e9crit ce livre; ces qualit\u00e9s se r\u00e9v\u00e8lent dans tous les aspects de la vie de l\u2019auteur, et il les a manifest\u00e9s initialement dans son travail aupr\u00e8s d\u2019enfants ayant des troubles de comportement. J\u2019ai eu le privil\u00e8ge de participer par trois fois \u00e0 des ateliers qu\u2019il donne depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es partout dans le monde, assist\u00e9 de sa femme Inka, et j\u2019ai \u00e9t\u00e9 \u00e9merveill\u00e9e par sa ma\u00eetrise du sujet, par sa capacit\u00e9 de d\u00e9voiler les subtilit\u00e9s cach\u00e9es dans le retable, et par l\u2019envergure impressionnante de sa sagesse et de ses connaissances. Cette nouvelle \u00e9dition anglaise du livre, augment\u00e9e et enti\u00e8rement remani\u00e9e, est remarquable pour la qualit\u00e9 de l\u2019impression, la richesse et la clart\u00e9 des images saisissantes, et la beaut\u00e9 de la mise en page; le tout est \u00e0 la hauteur de son contenu sacr\u00e9. Ce volume est un exemple lumineux de ce \u00e0 quoi Rainer Maria Rilke songeait lorsqu\u2019il a dit que\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Notre t\u00e2che, c\u2019est de montrer aux Dieux des choses humaines qui font rayonner de la lumi\u00e8re !<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Treasa O&rsquo;Driscoll<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je suis tr\u00e8s heureuse de pouvoir annoncer la parution d\u2019une traduction en anglais du magnifique livre de Michael Schubert intitul\u00e9 : \u00ab\u00a0The Isenheim Altarpiece\u00a0\u00bb (Le retable d\u2019Issenheim). L\u2019original avait \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 en allemand en 2007 et avait re\u00e7u un accueil tr\u00e8s favorable. 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