{"id":4900,"date":"2019-02-23T15:36:53","date_gmt":"2019-02-23T20:36:53","guid":{"rendered":"https:\/\/anthroposophy.ca\/?p=4900"},"modified":"2019-02-23T15:36:53","modified_gmt":"2019-02-23T20:36:53","slug":"la-migration-sensorielle-du-monde-reel-au-monde-numerique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/anthroposophy.ca\/fr\/la-migration-sensorielle-du-monde-reel-au-monde-numerique\/","title":{"rendered":"La migration sensorielle du monde r\u00e9el au monde num\u00e9rique"},"content":{"rendered":"<p>Conf\u00e9rence reprise et mise en forme par Chantal Lapointe<\/p>\n<p>avec l&rsquo;accord de Philippe Perenn\u00e8s<\/p>\n<p>PREMI\u00c8RE PARTIE<\/p>\n<p>(la deuxi\u00e8me partie para\u00eetra dans le prochain num\u00e9ro)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le 27 octobre dernier, j\u2019ai eu le bonheur d\u2019assister \u00e0 une conf\u00e9rence en deux parties de Philippe Perenn\u00e8s<a href=\"applewebdata:\/\/1DA2ABE5-5915-47BC-9C96-E3B24D78DB36#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>, sur ce qu\u2019il appelle judicieusement la \u00ab\u00a0Migration sensorielle du monde r\u00e9el au monde num\u00e9rique\u00a0\u00bb. La premi\u00e8re portait sur les cons\u00e9quences de cette migration sur le d\u00e9veloppement de l\u2019enfant et la seconde sur ce que nous devons faire pour r\u00e9agir \u00e0 cette situation.<\/p>\n<p>De quoi s\u2019agit-il? Quand on observe les donn\u00e9es concernant le rapport actuel avec le monde num\u00e9rique, on constate qu\u2019il y a aujourd\u2019hui davantage d\u2019abonnements au t\u00e9l\u00e9phone mobile qu\u2019il y a d\u2019humains sur la plan\u00e8te<a href=\"applewebdata:\/\/1DA2ABE5-5915-47BC-9C96-E3B24D78DB36#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>\u00a0; on peut aussi r\u00e9aliser que les jeunes passent une tr\u00e8s grande partie de leur journ\u00e9e sur les \u00e9crans, que ce soit pour communiquer ou recevoir des messages, pour regarder la t\u00e9l\u00e9vision ou des vid\u00e9os ou pour jouer \u00e0 des jeux. Si bien que si on concentrait toutes les heures consacr\u00e9es \u00e0 la consommation informatique, on pourrait dire qu\u2019en moyenne, les jeunes d\u2019aujourd\u2019hui sont \u00e0 temps plein devant un \u00e9cran du premier janvier jusqu\u2019au d\u00e9but du mois de mai, soit le tiers de leur vie.<\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, les perceptions sensorielles, qui autrefois \u00e9taient tourn\u00e9es vers le monde r\u00e9el, sont aujourd\u2019hui riv\u00e9es sur monde virtuel, c\u2019est pourquoi Philippe Perenn\u00e8s parle de \u00ab\u00a0migration sensorielle\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><u>La perception pour rencontrer le monde<\/u><\/p>\n<p>Face \u00e0 cette situation, le conf\u00e9rencier s\u2019interroge sur la possibilit\u00e9 que cette migration n\u2019ait aucun effet sur l\u2019\u00eatre humain. Et si, au contraire, elle a des cons\u00e9quences, quelles sont-elles? Pour y r\u00e9pondre, il nous invite \u00e0 nous tourner vers notre v\u00e9cu perceptuel\u00a0:<\/p>\n<p>Chacun peut convenir, \u00e0 partir de son exp\u00e9rience quotidienne qu\u2019il y a une diff\u00e9rence entre regarder le monde r\u00e9el autour de soi et regarder une image du monde, qu\u2019elle soit refl\u00e9t\u00e9e par un miroir ou par un \u00e9cran. Dans ce cas, c\u2019est notre rapport au monde, ce que nous pouvons en retirer, qui diff\u00e8re.<\/p>\n<p>Par ailleurs, nous pouvons nous demander si le fait de percevoir quelque chose peut avoir un impact sur ce qui est per\u00e7u. En effet, ne cherchons-nous pas, chacun de nous, \u00e0 \u00eatre per\u00e7u par les autres? Et le drame le plus terrible pour un \u00eatre humain n\u2019est-il pas, justement, de ne pas \u00eatre per\u00e7u pour ce qu\u2019il est, dans ce qu\u2019il fait, dans son travail, dans ses r\u00e9alisations? Cela, d\u00e8s l\u2019enfance et, souligne Perr\u00e8nes, nous avons le pouvoir, comme adulte, de modifier le comportement d\u2019un enfant simplement en le percevant et en nous int\u00e9ressant \u00e0 lui, en affinant notre regard face \u00e0 lui. Quand l\u2019adulte per\u00e7oit l\u2019enfant, et quand l\u2019enfant per\u00e7oit l\u2019adulte, il y a quelque chose qui se passe chez le percevant et chez le per\u00e7u, quelque chose qui ne peut se passer sans la perception. La perception appara\u00eet ainsi comme un ph\u00e9nom\u00e8ne particulier et comme une t\u00e2che incontournable pour les \u00e9ducateurs.<\/p>\n<p>Cependant, la perception, quoi qu\u2019on puisse en penser, n\u2019est pas naturelle, il faut la d\u00e9velopper, la travailler et pour cela deux \u00e9l\u00e9ments s\u2019av\u00e8rent essentiels\u00a0: des organes en bon \u00e9tat et la curiosit\u00e9. La premi\u00e8re condition para\u00eet \u00e9vidente, mais sans la derni\u00e8re, nous pouvons passer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des plus belles merveilles du monde sans les percevoir. Ce que le conf\u00e9rencier illustre en nous racontant l\u2019exp\u00e9rience r\u00e9alis\u00e9e par le Washington Post, le matin du 12 janvier 2007, en invitant Joshua Bell, un des plus grands violonistes du monde, \u00e0 jouer dans le m\u00e9tro de Washington six des plus belles pi\u00e8ces du r\u00e9pertoire classique sur un Stradivarius de tr\u00e8s grande valeur. Or, sur les 1097 personnes qui ont pu \u00eatre t\u00e9moin de l\u2019\u00e9v\u00e9nement durant les trois quarts d\u2019heure o\u00f9 le musicien a jou\u00e9, seules 7 se sont arr\u00eat\u00e9es quelques instants\u00a0; il n\u2019y a jamais eu d\u2019attroupement et le musicien n\u2019a r\u00e9colt\u00e9 que 32,17\u00a0$, dont 20\u00a0$ laiss\u00e9s par la seule personne qui l\u2019a reconnu. \u00ab\u00a0Si nous sommes capables de passer devant un des plus grands musiciens du monde, qui joue sur un des meilleurs instruments les plus belles pi\u00e8ces du r\u00e9pertoire classique, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de quoi pouvons-nous passer sans le voir?\u00a0\u00bb nous demande Perenn\u00e8s.<\/p>\n<p>Cependant, tous les enfants qui sont pass\u00e9s par cette station de m\u00e9tro l\u00e0, le 12 janvier 2007, ont voulu s\u2019arr\u00eater pour \u00e9couter le musicien, alors que leurs parents les pressaient de continuer leur chemin<a href=\"applewebdata:\/\/1DA2ABE5-5915-47BC-9C96-E3B24D78DB36#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>. Voil\u00e0, les enfants naissent avec la curiosit\u00e9 et la capacit\u00e9 de s\u2019\u00e9merveiller devant le monde, mais la plupart des adultes les ont perdues.<\/p>\n<p>Pour que les enfants puissent se lier au monde, il faut nourrir leur curiosit\u00e9 et non l\u2019\u00e9teindre, et il faut les amener \u00e0 d\u00e9velopper leurs sens, car la rencontre avec le monde passe n\u00e9cessairement par des perceptions sensorielles. Par cons\u00e9quent, tout ce qui peut affecter n\u00e9gativement les organes de perception doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme contre-productif du point de vue \u00e9ducatif. Or, nous assistons depuis pr\u00e8s de 20 ans \u00e0 travers le monde \u00e0 une augmentation importante des cas de myopie, ceux-ci apparaissant de plus en plus t\u00f4t dans la vie. La lumi\u00e8re bleue des \u00e9crans et le manque d\u2019activit\u00e9s ext\u00e9rieures sont point\u00e9s comme \u00e9tant les causes de cette transformation<a href=\"applewebdata:\/\/1DA2ABE5-5915-47BC-9C96-E3B24D78DB36#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>. Comment s\u2019\u00e9tonner quand on sait que de plus en plus d\u2019enfants apprennent \u00e0 se servir d\u2019une tablette \u00e9lectronique avant m\u00eame de savoir marcher? Qu\u2019en est-il des autres sens?<a href=\"applewebdata:\/\/1DA2ABE5-5915-47BC-9C96-E3B24D78DB36#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a><\/p>\n<p><u>L\u2019effet de la migration des perceptions <\/u><\/p>\n<p>La perception est notre porte ouverte sur le monde, ce qui nous donne les moyens de le penser, de le conna\u00eetre, d\u2019y r\u00e9agir et de trouver les moyens d\u2019intervenir. D\u00e8s lors, comment la migration des perceptions vers le virtuel peut-elle affecter notre penser, notre ressentir et notre vouloir? Perenn\u00e8s nous invite \u00e0 consid\u00e9rer certaines exp\u00e9riences men\u00e9es depuis les ann\u00e9es\u00a01990, qui visaient \u00e0 saisir la possibilit\u00e9 pour les jeunes enfants d\u2019apprendre quelque chose \u00e0 travers la t\u00e9l\u00e9vision. Exp\u00e9riences qui ont permis de mettre en lumi\u00e8re le \u00ab\u00a0d\u00e9ficit vid\u00e9o\u00a0\u00bb. Une d\u2019entre elles consistait \u00e0 montrer aux enfants un jouet qui allait \u00eatre cach\u00e9 dans une pi\u00e8ce voisine et de leur demander d\u2019aller retrouver le jouet. Dans l\u2019exp\u00e9rience typique, telle que rapport\u00e9e par Daniel R. Anderson et Tiffany A. Pempek<a href=\"applewebdata:\/\/1DA2ABE5-5915-47BC-9C96-E3B24D78DB36#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>, un groupe d\u2019enfants observe \u00e0 travers une vitre l\u2019adulte en train de cacher le jouet, alors qu\u2019un autre groupe regarde la m\u00eame chose transmise par un \u00e9cran de t\u00e9l\u00e9vision. Dans la premi\u00e8re situation, les enfants de 2 ans trouvent facilement l\u2019objet sans avoir \u00e0 chercher \u00e0 plusieurs endroits alors que les enfants qui ont vu l\u2019adulte cacher l\u2019objet \u00e0 travers la t\u00e9l\u00e9vision ont une pi\u00e8tre performance.<\/p>\n<p>Anderson et Pempek soulignent qu\u2019on ne sait pas pourquoi il en est ainsi et soutiennent que la difficult\u00e9 ne vient pas de la nature tridimensionnelle de la t\u00e2che de rechercher le jouet, car le <em>d\u00e9ficit vid\u00e9o<\/em>a aussi \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 dans un contexte ou la recherche s\u2019inscrivait dans un espace bidimensionnel. Le probl\u00e8me n\u2019est pas reli\u00e9, non plus, \u00e0 l\u2019aspect visuel de l\u2019exp\u00e9rience, car les r\u00e9sultats ont \u00e9t\u00e9 similaires dans une exp\u00e9rience o\u00f9 un adulte s\u2019adresse verbalement aux enfants, soit en personne ou \u00e0 travers un circuit ferm\u00e9 t\u00e9l\u00e9visuel, pour leur dire o\u00f9 il a cach\u00e9 le jouet. Les enfants auxquels une personne r\u00e9elle est venue parler trouvent facilement l\u2019objet alors que ceux auxquels la m\u00eame personne s\u2019adresse \u00e0 travers un circuit ferm\u00e9 t\u00e9l\u00e9visuel ne trouvent pas le jouet. Cela ne signifie pas, selon Anderson et Pempek, que les enfants ne retiennent rien de la t\u00e9l\u00e9vision, mais plut\u00f4t que l\u2019information qui leur provient \u00e0 travers ce m\u00e9dia, compar\u00e9 \u00e0 celle re\u00e7ue dans l\u2019exp\u00e9rience r\u00e9elle, leur para\u00eet trop peu convaincante pour guider leur comportement<a href=\"applewebdata:\/\/1DA2ABE5-5915-47BC-9C96-E3B24D78DB36#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>.<\/p>\n<p>Pour Philippe Perenn\u00e8s, il y a, dans ce <em>d\u00e9ficit vid\u00e9o,<\/em>un \u00ab\u00a0d\u00e9ficit volontaire\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire un probl\u00e8me li\u00e9 au fait que l\u2019enfant n\u2019est pas stimul\u00e9 par ce qu\u2019il per\u00e7oit, parce que cela ne lui est pas transmis directement par un \u00eatre humain, mais \u00e0 travers un obstacle qui emp\u00eache une v\u00e9ritable relation, qui \u00e9tablit une barri\u00e8re entre le percevant et ce qui est per\u00e7u. Alors que souvent les exp\u00e9rimentateurs s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 la m\u00e9moire et \u00e0 l\u2019apprentissage, Perenn\u00e8s attire notre attention sur l\u2019action de l\u2019enfant, sur l\u2019enthousiasme \u00e9veill\u00e9 en lui par le contact et la relation avec l\u2019exp\u00e9rimentateur.<\/p>\n<p>Ainsi, il met le doigt sur une caract\u00e9ristique fondamentale de notre rapport aux m\u00e9dias, \u00e0 savoir le \u00ab\u00a0d\u00e9ficit d\u2019action\u00a0\u00bb qu\u2019il entra\u00eene. Cette passivit\u00e9 est facilement observable chez les adultes aussi bien que chez les enfants. Elle r\u00e9sulte d\u2019effets physiologiques que les recherches sur la t\u00e9l\u00e9vision ont pu mettre en lumi\u00e8re et qui se manifestent par la diminution importante de l\u2019activit\u00e9 oculaire<a href=\"applewebdata:\/\/1DA2ABE5-5915-47BC-9C96-E3B24D78DB36#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>, par la transformation de l\u2019activit\u00e9 du cerveau<a href=\"applewebdata:\/\/1DA2ABE5-5915-47BC-9C96-E3B24D78DB36#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>qui passe \u00e0 un \u00e9tat semblable \u00e0 l\u2019hypnose, par la \u00ab\u00a0baisse du m\u00e9tabolisme de base de 12 \u00e0 16\u00a0%\u00a0\u00bb<a href=\"applewebdata:\/\/1DA2ABE5-5915-47BC-9C96-E3B24D78DB36#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a>et par la diminution de 10\u00a0% de la fr\u00e9quence cardiaque<a href=\"applewebdata:\/\/1DA2ABE5-5915-47BC-9C96-E3B24D78DB36#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a>. Tous ces facteurs, soutien Reiner Patzlaff, nous indiquent \u00ab\u00a0un ralentissement forc\u00e9 de l\u2019activit\u00e9 propre qui devrait au fond amener tr\u00e8s rapidement la conscience \u00e0 un \u00e9tat d\u2019h\u00e9b\u00e9tude proche de l\u2019endormissement. Et cela serait certainement le cas si les programmes n\u2019agissaient pas en sens inverse\u00a0\u00bb<a href=\"applewebdata:\/\/1DA2ABE5-5915-47BC-9C96-E3B24D78DB36#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a>. Car effectivement la t\u00e9l\u00e9vision, et maintenant les m\u00e9dias num\u00e9riques ainsi que les jeux vid\u00e9o mettent tout en \u0153uvre pour stimuler l\u2019attention du spectateur, mais, quels que soient les moyens utilis\u00e9s et l\u2019illusion qu\u2019ils peuvent donner d\u2019une r\u00e9elle participation, les \u00e9crans annihilent toute possibilit\u00e9 d\u2019une contribution <em>propre<\/em>et <em>volontaire<\/em>. L\u2019expression de ce <em>d\u00e9ficit d\u2019action<\/em>trouve son paroxysme chez les Hikikomori, ces jeunes qui vivent reclus, refusant tout contact avec le monde qui soit autre que celui des \u00e9crans.<\/p>\n<p>Les perceptions, nous rappelle Perenn\u00e8s, sont \u00ab\u00a0\u00e9dificatrice de l\u2019humain\u00a0\u00bb. Ce sont elles qui nous construisent, qui nous permettent de nous forger une image du monde et qui nous offrent la possibilit\u00e9 d\u2019agir sur lui. Car c\u2019est non seulement par ce qu\u2019il pense et ce qu\u2019il ressent, mais surtout par ce qu\u2019il r\u00e9alise, par ses actions que l\u2019\u00eatre humain se distingue et inscrit son histoire dans le temps et dans l\u2019espace. Or, pour pouvoir agir, il faut d\u2019abord qu\u2019il apprenne \u00e0 se situer lui-m\u00eame dans l\u2019espace et dans le temps. \u00c0 cet \u00e9gard, le cerveau humain est un organe extraordinaire, qui fait circuler les informations transmises par les sens d\u2019une r\u00e9gion \u00e0 l\u2019autre et permet cet \u00e9veil. Et plus il y a d\u2019aires du cerveau qui sont concern\u00e9es, plus il y a de conscience.<\/p>\n<p>Or, c\u2019est gr\u00e2ce aux sens, aux perceptions sensorielles que le cerveau se d\u00e9veloppe en premier lieu\u00a0: \u00ab\u00a0Les r\u00e9seaux de neurones se d\u00e9veloppent \u00e0 partir de notre exp\u00e9rience sensorielle, qui est unique, formant des structures intriqu\u00e9es, qui gouvernent, \u00e0 un niveau sup\u00e9rieur, le d\u00e9veloppement du cerveau. L\u2019exp\u00e9rience d\u00e9termine la forme et l\u2019intrication de ces structures, selon les activit\u00e9s qui sont les n\u00f4tres et l\u2019ensemble des circonstances environnementales. Plus notre environnement sensoriel est riche, plus nous sommes libres de l\u2019explorer, et plus compl\u00e8tes seront les structures qui nous permettront d\u2019apprendre, de penser et d\u2019\u00eatre cr\u00e9atifs\u00a0\u00bb<a href=\"applewebdata:\/\/1DA2ABE5-5915-47BC-9C96-E3B24D78DB36#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a>.<\/p>\n<p>Par ailleurs, la transmission des informations d\u2019une \u00e8re c\u00e9r\u00e9brale \u00e0 l\u2019autre d\u00e9pend de la my\u00e9linisation, qui se fait progressivement et prend jusqu\u2019\u00e0 20 ans pour \u00eatre compl\u00e9t\u00e9e. My\u00e9linisation qui est favoris\u00e9e par l\u2019activit\u00e9 concr\u00e8te, dans le mouvement, par la pratique et la r\u00e9p\u00e9tition que n\u2019importe quel enfant fait naturellement quand il n\u2019est pas passif devant un \u00e9cran<a href=\"applewebdata:\/\/1DA2ABE5-5915-47BC-9C96-E3B24D78DB36#_ftn14\" name=\"_ftnref14\">[14]<\/a>.<\/p>\n<p>Consid\u00e9rons maintenant deux situations propos\u00e9es par Perenn\u00e8s\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>Dans la premi\u00e8re, nous sommes au bord de la mer, l\u2019eau est \u00e0 26\u00a0\u00b0C, nous regardons le lever du soleil. L\u00e0, nos sens sont grandement sollicit\u00e9s\u00a0: par le sable sous nos pieds, par la chaleur de l\u2019eau, par la brise fra\u00eeche du matin et la douce chaleur du soleil, par l\u2019odeur de la mer, le bruit des vagues et des mouettes, par la vue du paysage qui se transforme sous nos yeux, etc.<\/li>\n<li>Dans la seconde, nous marchons dans la rue d\u2019une grande ville et au travers de la vitre d\u2019un restaurant nous appara\u00eet, sur un grand \u00e9cran post\u00e9 au mur, un feu de bois.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Si nous avions \u00e0 comparer l\u2019activit\u00e9 c\u00e9r\u00e9brale issue de ces deux situations, souligne Perenn\u00e8s, nous pourrions voir que dans la premi\u00e8re, les sens discutent ensemble, sollicitent de nombreuses aires du cerveau et font na\u00eetre une v\u00e9ritable symphonie c\u00e9r\u00e9brale. Concernant la seconde situation, que peut bien solliciter en nous ce feu de bois, quelle aire de notre cerveau peut bien \u00eatre \u00e9veill\u00e9e? Point de sensation de chaleur, point d\u2019odeur, notre sens de la vue est insatisfait parce qu\u2019il manque le bout des flammes, nous n\u2019entendons pas le cr\u00e9pitement du feu, nous ne percevons pas le danger potentiel, etc. Il n\u2019y a pas de coh\u00e9rence entre ce qui est per\u00e7u par les yeux sur l\u2019\u00e9cran et le v\u00e9cu sensoriel global, qui continue d\u2019\u00eatre sollicit\u00e9 par l\u2019environnement r\u00e9el autour de nous.<\/p>\n<p>C\u2019est par la perception sensorielle que les r\u00e9seaux neuronaux se forment, ainsi que les synapses, situ\u00e9es \u00e0 la terminaison des neurones et qui assurent la communication entre les neurones par la lib\u00e9ration de neurotransmetteurs. Par cons\u00e9quent, un enfant qui a la chance d\u2019\u00eatre mis dans des situations o\u00f9 ses sens sont sollicit\u00e9s, o\u00f9 il peut percevoir le monde dans sa coh\u00e9rence, d\u00e9veloppe beaucoup mieux son cerveau qu\u2019un enfant qui ne peut mettre l\u2019ensemble de ses sens \u00e0 contribution dans ses perceptions<a href=\"applewebdata:\/\/1DA2ABE5-5915-47BC-9C96-E3B24D78DB36#_ftn15\" name=\"_ftnref15\">[15]<\/a>. Apr\u00e8s un cours ou apr\u00e8s une exp\u00e9rience sensorielle, l\u2019enfant n\u2019est plus le m\u00eame qu\u2019auparavant. Un chemin synaptique s\u2019est cr\u00e9\u00e9 en lui. Ce qui n\u2019est pas le cas si on laisse les enfants sans soins et sans possibilit\u00e9 de vivre des exp\u00e9riences sensorielles. L\u2019exp\u00e9rience des orphelinats roumains en t\u00e9moigne, car les enfants qui y vivaient une carence de soin et de perceptions sensorielles pr\u00e9sentaient des retards de d\u00e9veloppement physique et cognitif importants (taille, poids, p\u00e9rim\u00e8tre cr\u00e2nien, quotient de d\u00e9veloppement cognitif)<a href=\"applewebdata:\/\/1DA2ABE5-5915-47BC-9C96-E3B24D78DB36#_ftn16\" name=\"_ftnref16\">[16]<\/a>. L\u2019exp\u00e9rience, souligne Perenn\u00e8s, est formatrice, elle mod\u00e8le le cerveau, et les enfants qui avaient \u00e9t\u00e9 priv\u00e9s de nourriture sensorielle ont pris des ann\u00e9es pour r\u00e9tablir leur p\u00e9rim\u00e8tre cr\u00e2nien et retrouver une sant\u00e9 synaptique. On peut d\u00e8s lors s\u2019interroger sur ce qu\u2019il se passe lorsque les enfants sont priv\u00e9s de la pr\u00e9sence humaine autour d\u2019eux, lorsque les interactions humaines sont remplac\u00e9es par des robots, comme le iPal, gardien d\u2019enfants en Chine<a href=\"applewebdata:\/\/1DA2ABE5-5915-47BC-9C96-E3B24D78DB36#_ftn17\" name=\"_ftnref17\">[17]<\/a>ou encore Kaspar, Nao ou Leka, des robots mis au service des enfants autistes dans des h\u00f4pitaux en Europe et en Am\u00e9rique du Nord<a href=\"applewebdata:\/\/1DA2ABE5-5915-47BC-9C96-E3B24D78DB36#_ftn18\" name=\"_ftnref18\">[18]<\/a>.<\/p>\n<p>Selon Philippe Perenn\u00e8s, le probl\u00e8me de la sensorialit\u00e9 doit \u00eatre con\u00e7u comme une question d\u2019hygi\u00e8ne alimentaire. De m\u00eame que nous savons qu\u2019il nous faut faire attention \u00e0 ce que nous mangeons, nous devons porter attention \u00e0 la nourriture sensorielle, \u00e0 trois \u00e9gards\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>celui de la qualit\u00e9, car nous l\u2019avons vu, toutes les perceptions ne se valent pas<\/li>\n<li>celui de la quantit\u00e9, car il nous faut aussi reposer nos sens, comme nous reposons notre estomac entre les repas<\/li>\n<li>celui de la rythmicit\u00e9, car il ne suffit pas de bien se nourrir. Le rythme est un facteur de vie et il est aussi important d\u2019avoir faim, de s\u2019ennuyer, que de manger.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Cette pr\u00e9occupation quant \u00e0 la perception est fondamentale si nous voulons permettre \u00e0 l\u2019enfant de s\u2019ins\u00e9rer dans le monde, mais aussi d\u2019entrer en contact avec lui-m\u00eame. Car, en nourrissant l\u2019enfant de perceptions de qualit\u00e9, nous lui permettons de d\u00e9velopper des synapses et ces synapses sont pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui permet au syst\u00e8me nerveux de demeurer un syst\u00e8me ouvert et non pas ferm\u00e9 sur lui-m\u00eame et, comme le soutient Hans-Ulrich Albonico, \u00ab\u00a0elles fournissent la base non seulement pour le lien entre penser et perception, mais avant tout pour le pouvoir cr\u00e9ateur, l\u2019imagination\u00a0\u00bb<a href=\"applewebdata:\/\/1DA2ABE5-5915-47BC-9C96-E3B24D78DB36#_ftn19\" name=\"_ftnref19\">[19]<\/a>. Dans le m\u00eame esprit, Rudolf Steiner soutenait que l\u00e0 o\u00f9 un nerf est interrompu, comme c\u2019est le cas \u00e0 l\u2019endroit de la synapse, la part sensible de l\u2019\u00eatre humain entre en lien avec l\u2019\u00eatre suprasensible, c\u2019est-\u00e0-dire avec notre intelligence sup\u00e9rieure, celle gr\u00e2ce \u00e0 laquelle nous pouvons recevoir de nouvelles forces de cr\u00e9ation. \u00ab\u00a0Voulons-nous, demande Perenn\u00e8s, que ces nouvelles forces naissent en nos enfants, que l\u2019enfant soit en lien avec son \u00eatre sup\u00e9rieur?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><a href=\"applewebdata:\/\/1DA2ABE5-5915-47BC-9C96-E3B24D78DB36#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a>Philippe Perenn\u00e8s enseigne \u00e0 l\u2019\u00e9cole Waldorf de Colmar, en France, depuis plus de 36 ans. Il est \u00e9galement chercheur, auteur et conf\u00e9rencier. Il a publi\u00e9 plusieurs livres sur les sens, dont\u00a0: <em>Rencontre avec les quatre sens corporels<\/em>, <em>Rencontre avec les douze sens<\/em>, <em>Les sens de la rencontre<\/em>, et son dernier livre paraitra bient\u00f4t sous le titre\u00a0: <em>La migration des perceptions sensorielles, du monde r\u00e9el au monde virtuel<\/em>.<\/p>\n<p><a href=\"applewebdata:\/\/1DA2ABE5-5915-47BC-9C96-E3B24D78DB36#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a>Dans le monde, ce sont pr\u00e8s de\u00a0<strong>7,7\u00a0milliards d&rsquo;abonnements mobiles<\/strong>\u00a0qui \u00e9taient souscrits fin 2017, soit plus de\u00a0la totalit\u00e9 de la population mondiale, selon les estimations de l&rsquo;International Telecommunication Union. Cela correspond ainsi \u00e0 un<strong>\u00a0taux de p\u00e9n\u00e9tration de 103,5%.\u00a0<\/strong>6,1\u00a0milliards de ces abonnements ont \u00e9t\u00e9 souscrits dans des pays en d\u00e9veloppement. Source\u00a0:<a href=\"https:\/\/www.journaldunet.com\/ebusiness\/internet-mobile\/1009553-monde-le-nombre-d-abonnes-au-telephone-mobile\/\">https:\/\/www.journaldunet.com\/ebusiness\/internet-mobile\/1009553-monde-le-nombre-d-abonnes-au-telephone-mobile\/<\/a><\/p>\n<p><a href=\"applewebdata:\/\/1DA2ABE5-5915-47BC-9C96-E3B24D78DB36#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a>Il est int\u00e9ressant de noter que dans l\u2019article \u00e0 ce sujet, on rapporte l\u2019effet sur Joshua Bell d\u2019\u00eatre ignor\u00e9 des gens, alors qu\u2019il est habitu\u00e9 \u00e0 jouer dans les plus grandes salles et \u00e0 se sentir d\u00e9rang\u00e9 par les gens qui toussent ou qui oublient d\u2019\u00e9teindre leurs t\u00e9l\u00e9phones. Dans le m\u00e9tro, ses attentes ont rapidement diminu\u00e9es, il se mit \u00e0 appr\u00e9cier le moindre \u00e9gard, f\u00fbt-il un simple coup d\u2019\u0153il et \u00e0 ressentir une curieuse reconnaissance quand quelqu\u2019un jetait un dollar au lieu de la petite monnaie, alors que les places pour le voir en concert se vendent \u00e0 plus de 100$. Il vit difficilement la fin de chaque pi\u00e8ce alors que personne n\u2019applaudit, personne n\u2019a remarqu\u00e9 qu\u2019il jouait ni que la pi\u00e8ce \u00e9tait termin\u00e9e. Enfin, il est rapport\u00e9 par Joshua Bell que dans ce concert o\u00f9 il s\u2019est appliqu\u00e9 aussi bien que lorsqu\u2019il joue dans de grandes salles, il a r\u00e9ussi sa plus belle performance dans les 5 derni\u00e8res minutes, durant cet espace temps o\u00f9 il y eut enfin plus d\u2019une personne \u00e0 la fois qui l\u2019\u00e9coutait. Ce qui nous ram\u00e8ne \u00e0 l\u2019id\u00e9e \u00e9mise pr\u00e9c\u00e9demment de l\u2019effet de la perception sur ce qui est per\u00e7u. <a href=\"https:\/\/www.washingtonpost.com\/lifestyle\/magazine\/pearls-before-breakfast-can-one-of-the-nations-great-musicians-cut-through-the-fog-of-a-dc-rush-hour-lets-find-out\/2014\/09\/23\/8a6d46da-4331-11e4-b47c-f5889e061e5f_story.html?utm_term=.9f0e89909010\">https:\/\/www.washingtonpost.com\/lifestyle\/magazine\/pearls-before-breakfast-can-one-of-the-nations-great-musicians-cut-through-the-fog-of-a-dc-rush-hour-lets-find-out\/2014\/09\/23\/8a6d46da-4331-11e4-b47c-f5889e061e5f_story.html?utm_term=.9f0e89909010<\/a><\/p>\n<p><a href=\"applewebdata:\/\/1DA2ABE5-5915-47BC-9C96-E3B24D78DB36#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a><a href=\"https:\/\/www.opto-reseau.com\/fr\/blogue\/comment-expliquer-la-recente-augmentation-des-cas-de-myopie\">https:\/\/www.opto-reseau.com\/fr\/blogue\/comment-expliquer-la-recente-augmentation-des-cas-de-myopie<\/a>;<a href=\"https:\/\/www.tvanouvelles.ca\/2017\/03\/11\/de-plus-en-plus-de-myopie-chez-les-jeunes\">https:\/\/www.tvanouvelles.ca\/2017\/03\/11\/de-plus-en-plus-de-myopie-chez-les-jeunes<\/a>;<a href=\"https:\/\/www.gatinel.com\/recherche-formation\/myopie-definition-mecanismes-epidemiologie-facteurs-de-risques\/facteurs-de-risque-de-la-myopie\/\">https:\/\/www.gatinel.com\/recherche-formation\/myopie-definition-mecanismes-epidemiologie-facteurs-de-risques\/facteurs-de-risque-de-la-myopie\/<\/a><\/p>\n<p><a href=\"applewebdata:\/\/1DA2ABE5-5915-47BC-9C96-E3B24D78DB36#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a>En 1998, il y a 20 ans, Joseph Clinton Pearce rapportait les r\u00e9sultats d\u2019une \u00e9tude men\u00e9e en Allemagne \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Tunbingen, sur plus de 20 ans, aupr\u00e8s de 4 milles personnes, qui montrait des r\u00e9sultats significatifs d\u00fbs \u00e0 une mauvaise stimulation sensorielle. Le premier constat \u00e9tait une r\u00e9duction moyenne d\u2019un pour cent par an de la sensibilit\u00e9 sensorielle et de la capacit\u00e9 \u00e0 importer des informations du monde ext\u00e9rieur. Compar\u00e9s aux enfants de 20 ans, les enfants examin\u00e9s \u00e0 la fin de l\u2019enqu\u00eate comprenaient ou enregistraient des informations provenant de leur environnement \u00e0 80\u00a0%, ce qui signifie qu\u2019ils \u00e9taient 20\u00a0% moins conscients de leur situation et de ce qui se passe autour d\u2019eux. En second lieu, le type de stimulus qui r\u00e9ussissait \u00e0 traverser le syst\u00e8me d\u2019activation r\u00e9ticulaire de l\u2019ancien cerveau reptilien, le tronc c\u00e9r\u00e9bral, devait \u00eatre extr\u00eamement concentr\u00e9, des hyperstimulations. Autrement dit, les rafales de stimulus tr\u00e8s charg\u00e9es \u00e9taient les seuls signaux que les enfants pouvaient retenir de leur environnement. Le son devait \u00eatre fort\u00a0; le toucher devait \u00eatre un impact\u00a0; dans le domaine visuel, \u00e7a devait \u00eatre intense. Les subtilit\u00e9s ne pouvaient pas attirer leur attention. En comparaison, vingt ans plus t\u00f4t, unenfant ou un jeune \u00e9tait capable de diff\u00e9rencier 360 nuances de rouge alors qu\u2019il pouvait maintenant en saisir environ 130 nuances. Les subtilit\u00e9s ne pouvaient \u00eatre per\u00e7ues, seul un impact puissant de rouge pouvait p\u00e9n\u00e9trer d\u00e9sormais le syst\u00e8me r\u00e9ticulaire. Ce qui a des implications profondes pour l\u2019ensemble du d\u00e9veloppement. La troisi\u00e8me conclusion \u00e9tait que les cerveaux de ces jeunes ne faisaient pas d\u2019indexation crois\u00e9e des syst\u00e8mes sensoriels, il n\u2019y avait donc pas de synth\u00e8se dans le cerveau. La vue \u00e9tait simplement une s\u00e9rie d\u2019impressions brillantes qui ne se croisent pas avec le toucher, le son, l\u2019odorat, etc. Il n\u2019y avait pas de contexte cr\u00e9\u00e9 pour la saisie sensorielle, chacun \u00e9tant un \u00e9v\u00e9nement ind\u00e9pendant et isol\u00e9. En entendant un certain son, cela ne faisait pas appara\u00eetre toutes sortes de sch\u00e9mas de m\u00e9moire en r\u00e9sonnance avec d\u2019autres sens. Ces ph\u00e9nom\u00e8nes \u00e9tant issus de l\u2019absence de stimulation appropri\u00e9e et de la surexposition massive ou inappropri\u00e9e \u00e0 des stimulus artificiels. C. Walker, (1998) \u00ab\u00a0Waking Up to the Holographic Heart, Starting over with education, Joseph Chilton Pearce 1998 interview\u00a0\u00bbin <em>Wild Duck Review<\/em><u>,<\/u>Vol. IV, no.2, disponible en ligne\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.ratical.org\/many_worlds\/JCP98.html\">http:\/\/www.ratical.org\/many_worlds\/JCP98.html<\/a><\/p>\n<p><a href=\"applewebdata:\/\/1DA2ABE5-5915-47BC-9C96-E3B24D78DB36#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a>Daniel R. Anderson and Tiffany A. Pempek, \u00ab\u00a0Television and Very Young Children, <em>AMERICAN BEHAVIORAL SCIENTIST<\/em>, Vol. 48 No. 5, January 2005 505-522, p. 512 DOI: 10.1177\/0002764204271506<\/p>\n<p><a href=\"applewebdata:\/\/1DA2ABE5-5915-47BC-9C96-E3B24D78DB36#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a>Ibid, p. 513<\/p>\n<p><a href=\"applewebdata:\/\/1DA2ABE5-5915-47BC-9C96-E3B24D78DB36#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a>Des recherches ont pu \u00e9tablir une diminution de pr\u00e8s de 90 % du nombre de saccades par seconde devant la t\u00e9l\u00e9vision, comparativement au nombre de saccades en regardant un magazine. On peut \u00e9galement observer une r\u00e9duction de 97% du champ visuel. Voir Peter Crown, Gregg Geatherman et coll, <em>Electroencephalographic Correlates of Television Viewing<\/em>, Final Technical Report, National Science Foundation, Student-Originated Studies, Grant No. SPI 78-03-698 Hampshire College, Amherst (Mass), mars 1979, cit\u00e9 par Reiner Patzlaff, <em>L\u2019enfant face aux \u00e9crans<\/em>, Aethera, 2014, p.27-28.<\/p>\n<p><a href=\"applewebdata:\/\/1DA2ABE5-5915-47BC-9C96-E3B24D78DB36#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a>En accord avec Robert Kubay et Mihaly Csikszentmihalyi, R. Patzlaff estime qu\u2019\u00ab\u00a0on peut consid\u00e9rer la t\u00e9l\u00e9vision comme un cas particulier de r\u00eave \u00e9veill\u00e9 (<em>day dreaming<\/em>), qui pr\u00e9sente \u00e0 l\u2019\u00e9lectroenc\u00e9phalogramme des transformations tout \u00e0 fait semblables\u00a0\u00bb. R. Kubey\/M. Csikszentmihalyi, <em>Television and the Quality of Life\u00a0: How Viewing Shapes Everydau Experience<\/em>, Hillsdale (New Jersey), 1990. Patzlaff, op. cit., p. 224<\/p>\n<p><a href=\"applewebdata:\/\/1DA2ABE5-5915-47BC-9C96-E3B24D78DB36#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a>Robert C. Klesges, Mary L. Shelron, Lisa M. Klesges, <em>Effects of Televisison on Metabolie Rate\u00a0: Potenteal Implictions For Childhood Obesity<\/em>, dans <em>Pediatrics<\/em>Vol. 91, No.2, 1993, p.281-286, cit\u00e9 dans Patzlaff, op., cit., p. 32<\/p>\n<p><a href=\"applewebdata:\/\/1DA2ABE5-5915-47BC-9C96-E3B24D78DB36#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a>David Bodanis, <em>The Secret Family. Twenty-four Hours Inside the Mysterious World of your Minds and Bodies<\/em>, New York, 1997, cit\u00e9 dans Patzlaff, op., cit., p. 32.<\/p>\n<p><a href=\"applewebdata:\/\/1DA2ABE5-5915-47BC-9C96-E3B24D78DB36#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a>Patzlaff, op. cit, p. 33<\/p>\n<p><a href=\"applewebdata:\/\/1DA2ABE5-5915-47BC-9C96-E3B24D78DB36#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a>Dr Carla Hannaford, <em>La gymnastique des neurones<\/em>, Jacques Grancher \u00c9d, Paris 1997, p. 40-41<\/p>\n<p><a href=\"applewebdata:\/\/1DA2ABE5-5915-47BC-9C96-E3B24D78DB36#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a>\u00ab\u00a0Au fur et \u00e0 mesure de leur utilisation, les neurones d\u00e9posent sur l\u2019axone en plusieurs couches une gaine blanche, phospholipidique et segment\u00e9e\u00a0: la my\u00e9line. La my\u00e9line augmente la vitesse de transmission de l\u2019influx nerveux, tout en isolant, prot\u00e9geant et favorisant la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration de l\u2019axone si le nerf est endommag\u00e9. Lorsque nous apprenons quelque chose pour la premi\u00e8re fois, c\u2019est comme si nous tracions une piste dans un terrain vierge. Mais si les neurones sont activ\u00e9s de fa\u00e7on r\u00e9p\u00e9t\u00e9e, le d\u00e9p\u00f4t de my\u00e9line augmente. Plu sil y a de my\u00e9line, plus la transmission est rapide. Dans les neurones tr\u00e8s my\u00e9linis\u00e9s, les impulsions voyagent \u00e0 la vitesse de 100 m\u00e8tres \u00e0 la seconde. Plus il y a de pratique, plus il y a de my\u00e9line, et plus le traitement est rapide.\u00a0\u00bb Dr Carla Hannaford, <em>La gymnastique des neurones<\/em>, Jacques Grancher \u00c9d, Paris 1997, p. 27<\/p>\n<p><a href=\"applewebdata:\/\/1DA2ABE5-5915-47BC-9C96-E3B24D78DB36#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a>Hannaford rapporte qu\u2019\u00abune \u00e9tude longitudinale new-yorkaise a permis de suivre 133 sujets, de l\u2019enfance \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte. On a d\u00e9couvert que la comp\u00e9tence \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte provenait de trois facteurs majeurs dans le premier environnement d\u2019apprentissage\u00a0: 1) un environnement sensoriel riche, aussi bien \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur qu\u2019\u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, 2) la libert\u00e9 d\u2019explorer cet environnement avec peu de restrictions, et 3) des parents disponibles qui se comportaient comme des conseillers que l\u2019enfant pouvait consulter lorsqu\u2019il avait des questions \u00e0 poser\u00a0\u00bb Op. Cit. p. 65.<\/p>\n<p><a href=\"applewebdata:\/\/1DA2ABE5-5915-47BC-9C96-E3B24D78DB36#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a>Selon une \u00e9tude de Michael Rutter cit\u00e9e par marie Anaut dans <em>Psychologie de la r\u00e9silience<\/em>, 3<sup>e<\/sup>\u00e9dition, Paris, Armand Colin, 2015.<\/p>\n<p><a href=\"applewebdata:\/\/1DA2ABE5-5915-47BC-9C96-E3B24D78DB36#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">[17]<\/a>https:\/\/www.huffingtonpost.fr\/2018\/06\/15\/ipal-un-robot-professeur-pour-garder-les-tout-petits-chinois_a_23459759\/<\/p>\n<p><a href=\"applewebdata:\/\/1DA2ABE5-5915-47BC-9C96-E3B24D78DB36#_ftnref18\" name=\"_ftn18\">[18]<\/a><a href=\"https:\/\/www.placegrenet.fr\/2017\/11\/24\/nao-petit-robot-humanoide-vient-aide-aux-enfants-autistes-de-lhopital-de-saint-egreve\/163473\">https:\/\/www.placegrenet.fr\/2017\/11\/24\/nao-petit-robot-humanoide-vient-aide-aux-enfants-autistes-de-lhopital-de-saint-egreve\/163473<\/a>et <a href=\"https:\/\/www.arcinfo.ch\/articles\/suisse\/chuv-le-robot-nao-au-service-des-enfants-autistes-a-lausanne-744448\">https:\/\/www.arcinfo.ch\/articles\/suisse\/chuv-le-robot-nao-au-service-des-enfants-autistes-a-lausanne-744448<\/a>et <a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2018\/07\/12\/le-robot-humanoide-partenaire-privilegie-des-autistes_5330470_3232.html\">https:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2018\/07\/12\/le-robot-humanoide-partenaire-privilegie-des-autistes_5330470_3232.html<\/a><\/p>\n<p><a href=\"applewebdata:\/\/1DA2ABE5-5915-47BC-9C96-E3B24D78DB36#_ftnref19\" name=\"_ftn19\">[19]<\/a>Hans-Ulrich Albonico,<em>Psychotropes pour enfants et adolescents. Hyperactivit\u00e9, d\u00e9ficit de l\u2019attention et ritaline\u00a0: un d\u00e9fi<\/em>, Arlesheim, Anthrosana, 2010, p. 20<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Conf\u00e9rence reprise et mise en forme par Chantal Lapointe avec l&rsquo;accord de Philippe Perenn\u00e8s PREMI\u00c8RE PARTIE (la deuxi\u00e8me partie para\u00eetra dans le prochain num\u00e9ro) &nbsp; Le 27 octobre dernier, j\u2019ai eu le bonheur d\u2019assister \u00e0 une conf\u00e9rence en deux parties de Philippe Perenn\u00e8s[1], sur ce&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"inline_featured_image":false,"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-4900","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-nouvelles-publique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/anthroposophy.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4900","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/anthroposophy.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/anthroposophy.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/anthroposophy.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/anthroposophy.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4900"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/anthroposophy.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4900\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4901,"href":"https:\/\/anthroposophy.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4900\/revisions\/4901"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/anthroposophy.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4900"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/anthroposophy.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4900"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/anthroposophy.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4900"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}