{"id":5070,"date":"2019-04-28T10:05:07","date_gmt":"2019-04-28T14:05:07","guid":{"rendered":"https:\/\/anthroposophy.ca\/?p=5070"},"modified":"2019-04-28T15:47:28","modified_gmt":"2019-04-28T19:47:28","slug":"la-rose-blanche-1943-a-nos-jours-la-vaillance-enrobee-de-douceur-partie-1-de-2-michel-dongois","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/anthroposophy.ca\/fr\/la-rose-blanche-1943-a-nos-jours-la-vaillance-enrobee-de-douceur-partie-1-de-2-michel-dongois\/","title":{"rendered":"La Rose blanche (1943 \u00e0 nos jours) : La vaillance enrob\u00e9e de douceur &#8211; Partie 1 de 2 &#8211;  Michel Dongois"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_5051\" style=\"width: 491px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/LesScholl-C.-Probst.jpeg\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-5051\" class=\"wp-image-5051\" src=\"https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/LesScholl-C.-Probst.jpeg\" alt=\"\" width=\"481\" height=\"272\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-5051\" class=\"wp-caption-text\">Dans l\u2019ordre habituel, Hans Scholl, Sophie Scholl et Christoph Probst (photo internet)<\/p><\/div>\n<p>Il est des histoires qui nous suivent notre vie durant et colorent \u00e0 jamais notre vie d\u2019\u00e2me. De ces histoires inspirantes qui s\u2019\u00e9crivent encore. Ainsi en est-il pour moi de la Rose blanche (<em>Die Weisse Rose<\/em>), un cercle d\u2019amis compos\u00e9 surtout d\u2019\u00e9tudiants en m\u00e9decine, l\u2019un des plus c\u00e9l\u00e8bres mouvements de r\u00e9sistance allemands au nazisme.<\/p>\n<p>Il m\u2019apparait pertinent de l\u2019\u00e9voquer avant la tenue de l\u2019Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale annuelle de la Soci\u00e9t\u00e9 anthroposophique au Canada. Elle abordera en mai, \u00e0 Montr\u00e9al, la question du Mal.<\/p>\n<p>Ado, je traduisais avec int\u00e9r\u00eat les tracts de la Rose blanche en classe d\u2019allemand, en France. Journaliste, j\u2019ai rencontr\u00e9 avec enthousiasme deux survivants et des parents de deux des \u00e9tudiants. Aujourd\u2019hui retrait\u00e9, j\u2019approfondis avec joie le lien qui me semble relier, par le biais de l\u2019impulsion micha\u00eblique, l\u2019esprit de la Rose blanche d\u2019hier \u00e0 l\u2019Anthroposophie d\u2019aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p><strong>Cinq jours <\/strong><\/p>\n<p>La Rose blanche a surgi de la clandestinit\u00e9 le 22 f\u00e9vrier 1943 \u00e0 Munich, avec l\u2019ex\u00e9cution de Hans et Sophie Scholl, le fr\u00e8re et la soeur, et de Christoph Probst, tous trois dans la jeune vingtaine. L\u2019\u00e9pouse de ce dernier venait tout juste d\u2019accoucher de leur troisi\u00e8me enfant. Ville proclam\u00e9e par Hitler en 1935 \u00ab capitale du mouvement nazi \u00bb, Munich est aussi celle qui devait accueillir le Johannesbau, pr\u00e9curseur du Goetheanum.<\/p>\n<p>Tout s\u2019est jou\u00e9 en cinq jours. Arr\u00eat\u00e9s un jeudi, les jeunes sont jug\u00e9s et guillotin\u00e9s le lundi suivant. Leur crime ? Avoir d\u00e9fi\u00e9 Hitler, en r\u00e9digeant et distribuant six tracts, entre mai 1942 et f\u00e9vrier 1943. Des documents dactylographi\u00e9s, d\u00e9non\u00e7ant l\u2019inhumanit\u00e9 du r\u00e9gime nazi, diffus\u00e9s en public et envoy\u00e9s par laposte \u00e0 des publics cibl\u00e9s &#8211; intellectuels, \u00e9crivains, enseignants, etc. Des tracts aussi empreints de po\u00e9sie, de r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 la philosophie, \u00e0 la litt\u00e9rature. Ils confirmaient des faits qui n\u2019\u00e9taient alors que des rumeurs (extermination des juifs \u00e0 l\u2019Est, envoi de jeunes Polonaises dans les bordels de la SS).<\/p>\n<p>Durant la m\u00eame ann\u00e9e 1943 suivront quatre proc\u00e8s qui condamneront \u00e0 mort d\u2019autres acteurs cl\u00e9s du r\u00e9seau : Alexander Schmorell, 26 ans, Willi Graf, 25, et le professeur Kurt Huber, 50 ans, r\u00e9dacteur du dernier tract. Dans sa d\u00e9position devant le Tribunal du peuple (Volksgerichtshof), seul devant ses juges, il livra un \u00e9mouvant plaidoyer d\u2019humanit\u00e9. D\u2019autres personnes aussi seront arr\u00eat\u00e9es. Deux films, des livres et une abondante documentation ont fait conna\u00eetre la Rose blanche.<\/p>\n<div id=\"attachment_5084\" style=\"width: 238px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/IMG_0818-228x300.jpg\"><img decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-5084\" class=\"wp-image-5084 size-medium\" src=\"https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/IMG_0818-228x300.jpg\" alt=\"\" width=\"228\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/IMG_0818-228x300.jpg 228w, https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/IMG_0818.jpg 487w\" sizes=\"(max-width: 228px) 100vw, 228px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-5084\" class=\"wp-caption-text\">Traute Page,\u00a0n\u00e9e Lafrenz<\/p><\/div>\n<p>La derni\u00e8re survivante du mouvement, Traute Page,\u00a0n\u00e9e Lafrenz, aura 100 ans le 3 mai. M\u00e9decin anthroposophe, elle vit en Caroline du Sud, o\u00f9 je l\u2019avais interview\u00e9e en 1997, \u00e0 Charleston, pour un journal m\u00e9dical qu\u00e9b\u00e9cois. Je souhaitais la rencontrer \u00e0 nouveau aux fins de cet article. Elle m\u2019a r\u00e9pondu ne plus \u00eatre en \u00e9tat de recevoir des visiteurs. \u00ab Je vis un peu comme une recluse, ce qui n\u2019est pas vraiment dans ma nature, mais c\u2019est ainsi \u00bb, m\u2019\u00e9crit-elle. Elle a livr\u00e9 son testament spirituel dans un livre r\u00e9cent, <em>Long Live Freedom ! <\/em><em>Traute Lafrenz and the White Rose, <\/em>de Normann Peter Waage. L\u2019Anthroposophical Society in America vient de lui rendre hommage dans le magazine <em>Being human<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Libert\u00e9 !<\/strong><\/p>\n<p>Traute Lafrenz fut l\u2019amoureuse de Hans Scholl, un amour d\u2019\u00e9t\u00e9 de 1941. Arr\u00eat\u00e9e par la Gestapo, elle fera presque deux ans de prison pour avoir contribu\u00e9 \u00e0 produire et distribuer les tracts et anim\u00e9 un r\u00e9seau de r\u00e9sistance \u00e9tudiante \u00e0 Hambourg. Elle est lib\u00e9r\u00e9e par les Am\u00e9ricains peu avant de passer devant le Volksgerichtshof, une cour d\u2019exception nazie aux m\u00e9thodes g\u00e9n\u00e9ralement exp\u00e9ditives.<\/p>\n<p>Le titre du livre reprend le mot <em>libert\u00e9<\/em>, <em>Freiheit<\/em>, le cri que lan\u00e7a Hans Scholl juste avant de monter \u00e0 l\u2019\u00e9chafaud, selon le t\u00e9moignage de l\u2019aum\u00f4nier de la prison de M\u00fcnchen-Stadelheim, o\u00f9 eut lieu l\u2019ex\u00e9cution. Traute Lafrenz sera la seule, en dehors de la famille proche, \u00e0 oser assister \u00e0 l\u2019enterrement de Hans et Sophie, la police surveillant la sc\u00e8ne. Elle terminera ses \u00e9tudes de m\u00e9decine \u00e0 Munich avant d\u2019\u00e9migrer aux \u00c9tats-Unis. Traute\u00a0Page a \u00e9t\u00e9\u00a0co-secr\u00e9taire\u00a0g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019Anthroposophical Society in America (1987-1989),\u00a0et\u00a0secr\u00e9taire\u00a0g\u00e9n\u00e9rale en 1991-1992. Aujourd\u2019hui, elle se voit comme un \u00ab t\u00e9moin de l\u2019histoire \u00bb, non comme une h\u00e9ro\u00efne.<\/p>\n<p><strong>Le secret<\/strong><\/p>\n<p>En entrevue, elle nous a avou\u00e9 sa surprise d\u2019apprendre apr\u00e8s coup que seule une poign\u00e9e d\u2019amis se tenait derri\u00e8re la Rose blanche. Le<br \/>\nprincipe du secret \u00e9tait en vigueur, dit-elle. Seul Hans savait ce que chacun faisait, mais personne ne connaissait le travail de l\u2019autre. \u00ab Le principe \u00e9tait simple : si la police vous arr\u00eatait, il \u00e9tait plus facile de ne rien savoir que de\u00a0 devoir mentir pour cacher ce que vous saviez. \u00bb D\u2019autres mouvements de r\u00e9sistance, comme ceux des communistes, \u00e9taient bien mieux organis\u00e9s, poursuit-elle, et plus \u00ab politiquement r\u00e9alistes \u00bb.<\/p>\n<p>Quant au contenu des tracts, pour l\u2019essentiel il planait au-dessus de la conscience ordinaire des gens, alors surtout pr\u00e9occup\u00e9s de manger et de survivre. Pourtant, ajoute-t-elle, c\u2019est en partie \u00e0 cause de sa relative \u00ab inefficacit\u00e9 \u00bb, de sa fra\u00eecheur et de sa totale gratuit\u00e9 que la Rose blanche parle tant, moralement, aujourd\u2019hui. \u00ab Son enti\u00e8re spontan\u00e9it\u00e9 \u00e9voque encore aujourd\u2019hui une grande douceur. \u00bb Apr\u00e8s l\u2019entrevue, Traute Page m\u2019avait invit\u00e9 \u00e0 aller \u00e9couter le Messie. Un des grands moments de ma vie.<\/p>\n<p>Je suis all\u00e9 m\u2019incliner sur la tombe, fleurie, des Scholl, qui est aussi celle de Christoph Probst, une premi\u00e8re fois en 1991. Elle se trouve au cimeti\u00e8re Perlacher Forst, qui jouxte la prison. Une dame \u00e2g\u00e9e m\u2019avait alors abord\u00e9. Disant venir r\u00e9guli\u00e8rement prier en ces lieux, elle avait ajout\u00e9, en \u00e9voquant le Troisi\u00e8me Reich : <em>Wir waren verteufelt !<\/em>(litt\u00e9ralement, n<em>ous \u00e9tions endiabl\u00e9s !<\/em>). Je songe \u00e0 la Rose blanche : \u00ab celui qui doute encore de l\u2019existence r\u00e9elle des puissances d\u00e9moniaques ne peut pas saisir ce qu\u2019a de m\u00e9taphysique l\u2019arri\u00e8re-plan de cette guerre (\u2026) Derri\u00e8re les r\u00e9alit\u00e9s temporelles, il y a la puissance irrationnelle du mal \u00bb (4e tract). Je suis retourn\u00e9 sur la tombe en 2013; elle \u00e9tait toujours aussi fleurie.<\/p>\n<p><strong>Rencontre chaleureuse<\/strong><\/p>\n<div id=\"attachment_5048\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/IMG_4279-300x225.jpg\"><img decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-5048\" class=\"wp-image-5048 size-medium\" src=\"https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/IMG_4279-300x225.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/IMG_4279-300x225.jpg 300w, https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/IMG_4279-768x576.jpg 768w, https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/IMG_4279-1024x768.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-5048\" class=\"wp-caption-text\">Un assortiment de livres sur la Rose blanche.<\/p><\/div>\n<p>R\u00e9diger cet article m\u2019am\u00e8ne \u00e0 revivre en pens\u00e9e le p\u00e8lerinage qui m\u2019a conduit \u00e0 la Rose blanche. Sous le coup d\u2019une impulsion, je me procure en 1989 le livre <em>Die Weisse Rose<\/em>, de Inge Aicher-Scholl, la soeur a\u00een\u00e9e de Hans et Sophie. Je l\u2019ach\u00e8te au rayon des livres jeunesse d\u2019une librairie de Hambourg. Un an plus tard, je me d\u00e9cide \u00e0 le lire. C\u2019est le d\u00e9clic. Ce r\u00e9cit me touche \u00e0 l\u2019\u00e2me. Je dois rencontrer l\u2019auteure. Le temps presse.<\/p>\n<p>Je la retrouve sur une ferme biodynamique (Demeterhof-Steigh\u00f6fe), \u00e0 Bichishausen, dans le sud de l\u2019Allemagne, o\u00f9 elle est en vacances. C\u2019est une chaude apr\u00e8s-midi de juillet 1991. La rencontre est tout aussi chaleureuse, presque intime. Frau Scholl me dit grand bien de la p\u00e9dagogie curative dont b\u00e9n\u00e9ficie Eva, sa fille a\u00een\u00e9e, pr\u00e9sente avec sa pr\u00e9ceptrice.<\/p>\n<p>Elle ignorait tout, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, des activit\u00e9s clandestines de Hans et de Sophie. Elle s\u2019explique d\u2019autant mieux maintenant pourquoi sa soeur Sophie arrivait tendue \u00e0 la maison, \u00e0 Ulm, quand elle rentrait de Munich. \u00ab Elle se d\u00e9tendait gr\u00e2ce \u00e0 la musique, \u00e0 la litt\u00e9rature. \u00bb Elle \u00e9voque aussi, et entre autres, l\u2019atmosph\u00e8re psychique irrespirable de l\u2019\u00e9poque nazie et la r\u00e9sistance des gens de la Rose blanche. \u00ab La barbarie du syst\u00e8me les r\u00e9voltait. \u00bb Me remerciant d\u2019\u00eatre venue d\u2019aussi loin, elle me pr\u00e9pare un l\u00e9ger lunch pour la route. Deux mois plus tard, elle m\u2019\u00e9crira qu\u2019elle se retire de la sc\u00e8ne publique, son mari venant de d\u00e9c\u00e9der.<\/p>\n<p>Rencontre ensuite avec Franz M\u00fcller, survivant, alors pr\u00e9sident de la Fondation de la Rose blanche. La Gestapo l\u2019avait rel\u00e2ch\u00e9, en raison de son jeune \u00e2ge. Nous nous rendons \u00e0 pied \u00e0 l\u2019appartement munichois de Willi Graf. Puis je visite la prison, encore active, de M\u00fcnchen-Stadelheim, apr\u00e8s autorisation du minist\u00e8re bavarois de la Justice. La pi\u00e8ce o\u00f9 les gens de la Rose blanche, et tant d\u2019autres aussi, furent ex\u00e9cut\u00e9s, est devenue lieu de recueillement.<\/p>\n<p>Quelques jours plus tard, j\u2019ai rendez-vous avec Anneliese Knoop-Graf, soeur de Willi Graf, \u00e0 B\u00fchl, pr\u00e8s de la fronti\u00e8re fran\u00e7aise. Durant l\u2019entrevue, elle me montre le journal de bord de son fr\u00e8re, \u00e9chapp\u00e9 des fouilles de la Gestapo. Arr\u00eat\u00e9e avec Willi, ils se sont retrouv\u00e9s, dit-elle, \u00ab accompagn\u00e9s de deux fonctionnaires de la Gestapo, assis au fond d\u2019une voiture de police. Nous nous serrions la main en silence, c\u2019est tout ce qu\u2019il nous restait. \u00bb<\/p>\n<div id=\"attachment_5052\" style=\"width: 382px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Lichthof-300x200.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-5052\" class=\"wp-image-5052\" src=\"https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Lichthof-300x200.png\" alt=\"\" width=\"372\" height=\"248\" srcset=\"https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Lichthof-300x200.png 300w, https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Lichthof-140x94.png 140w, https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/Lichthof.png 500w\" sizes=\"(max-width: 372px) 100vw, 372px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-5052\" class=\"wp-caption-text\">Le m\u00e9morial de la Rose blanche, \u00e0 Munich (Source : Weisse Rose Stiftung e.V.\/ Catherina Hess<\/p><\/div>\n<p>Hans et Sophie Scholl ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s alors qu\u2019ils d\u00e9versaient des tracts dans l\u2019atrium de la Ludwig-Maximilians Universit\u00e4t (LMU). Le lieu abrite aujourd\u2019hui un m\u00e9morial et le si\u00e8ge de la Weisse Rose Stiftung, la Fondation de la Rose blanche. L\u2019Universit\u00e9, qui ne fit rien jadis pour les d\u00e9fendre, est aujourd\u2019hui au coeur de leur m\u00e9moire. Et pour mieux comprendre ce contre quoi luttait la Rose blanche, je me suis rendu dans un haut-lieu du mal, au camp d\u2019Auschwitz-Birkenau, en Pologne. Un rosier de roses rouges sur les barbel\u00e9s, voil\u00e0 la premi\u00e8re image que j\u2019en eus lorsque je m\u2019en approchai.<\/p>\n<p><strong>Une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre<\/strong><\/p>\n<p>Des ann\u00e9es plus tard, une visite au M\u00e9morial de la r\u00e9sistance allemande \u00e0 Berlin confirme l\u2019importance de la Rose blanche pour la conscience allemande. Elle fait bonne figure \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;autres types de r\u00e9sistance (\u00e9glises, professions, syndicats, arm\u00e9e). Au total, 130 000 Allemands sont morts en r\u00e9sistance. Mouvement sans \u00e9tendard, n\u00e9 de lui-m\u00eame, de l\u2019amiti\u00e9 de quelques amis et de l\u2019inconfort de leur conscience, la Rose blanche continue d\u2019\u00e9mouvoir les \u00e2mes. Comme celle d\u2019Arie van Ameringen par exemple, anthroposophe \u00e0 Montr\u00e9al, dont une partie de la famille a souffert des nazis.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong>Arie a re\u00e7u en cadeau, en 1967, le livre, d\u00e9dicac\u00e9, d\u2019Inge Aicher-Scholl, mentionn\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment. En 1997, il \u00e9crit une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre sur la Rose blanche, qu\u2019il monte l\u2019ann\u00e9e suivante avec ses \u00e9l\u00e8ves de 11e ann\u00e9e de l\u2019\u00c9cole Rudolf Steiner de Montr\u00e9al. Il la pr\u00e9sente aussi au Goethe-Institut de Montr\u00e9al, l\u2019institut culturel allemand. \u00ab Les adolescents s\u2019identifient au combat pour leurs id\u00e9aux, ils sont en qu\u00eate de v\u00e9rit\u00e9 et de libert\u00e9 \u00bb, pr\u00e9cise l\u2019ancien professeur Waldorf.<\/p>\n<p>L\u2019exemple de la Rose blanche est un appel \u00e0 l\u2019\u00e9veil, poursuit-il, au r\u00e9veil de la conscience qui incite \u00e0 faire quelque chose. Par la force de son moi, l\u2019\u00eatre humain doit prendre lui-m\u00eame ses d\u00e9cisions, faire des choix personnels. \u00ab C\u2019est d\u2019autant plus urgent \u00e0 notre \u00e9poque, o\u00f9 les fronti\u00e8res entre le bien et le mal semblent souvent embrouill\u00e9es, en ces temps de <em>fake news<\/em>, o\u00f9 le mensonge r\u00e9p\u00e9t\u00e9 semble avoir force de v\u00e9rit\u00e9. Il est alors plus difficile de discerner la juste action morale. \u00bb<\/p>\n<p>Ce qui l\u2019\u00e9merveille encore le plus aujourd\u2019hui ? Qu\u2019une poign\u00e9e de jeunes, avec leur professeur, aient eu le courage de se lever ! \u00ab Ils ont per\u00e7u dans le r\u00e9gime nazi le vrai visage du mal. D\u00e9masqu\u00e9, ce r\u00e9gime a paniqu\u00e9, cherchant \u00e0 \u00e9craser dans l\u2019oeuf l\u2019\u00e9lan de libert\u00e9 port\u00e9 par la Rose blanche. Cela prouve qu\u2019il est possible de mener des batailles, m\u00eame si l\u2019on n\u2019est que quelques personnes. \u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>(\u00e0 suivre)<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.weisse-rose-stiftung.de\/die-weisse-rose-stiftung-e-v\/presseinformationen\/presseinformationen-zum-download\/\">https:\/\/www.weisse-rose-stiftung.de\/die-weisse-rose-stiftung-e-v\/presseinformationen\/presseinformationen-zum-download\/<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il est des histoires qui nous suivent notre vie durant et colorent \u00e0 jamais notre vie d\u2019\u00e2me. De ces histoires inspirantes qui s\u2019\u00e9crivent encore. Ainsi en est-il pour moi de la Rose blanche (Die Weisse Rose), un cercle d\u2019amis compos\u00e9 surtout d\u2019\u00e9tudiants en m\u00e9decine, l\u2019un&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"inline_featured_image":false,"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-5070","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-nouvelles-publique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/anthroposophy.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5070","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/anthroposophy.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/anthroposophy.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/anthroposophy.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/anthroposophy.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5070"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/anthroposophy.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5070\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5093,"href":"https:\/\/anthroposophy.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5070\/revisions\/5093"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/anthroposophy.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5070"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/anthroposophy.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5070"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/anthroposophy.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5070"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}