{"id":5648,"date":"2020-01-24T11:04:17","date_gmt":"2020-01-24T16:04:17","guid":{"rendered":"https:\/\/anthroposophy.ca\/?p=5648"},"modified":"2020-01-24T11:04:17","modified_gmt":"2020-01-24T16:04:17","slug":"entretien-lhumaniste-une-conscience-qui-eveille-dautres-consciences-par-michel-dongois","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/anthroposophy.ca\/fr\/entretien-lhumaniste-une-conscience-qui-eveille-dautres-consciences-par-michel-dongois\/","title":{"rendered":"Entretien  L\u2019humaniste, une conscience qui \u00e9veille d\u2019autres consciences  par  Michel Dongois"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_5646\" style=\"width: 353px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/IMG_4886.jpg\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-5646\" class=\"wp-image-5646\" src=\"https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/IMG_4886-264x300.jpg\" alt=\"\" width=\"343\" height=\"390\" srcset=\"https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/IMG_4886-264x300.jpg 264w, https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/IMG_4886-768x873.jpg 768w, https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/IMG_4886-901x1024.jpg 901w, https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/IMG_4886.jpg 1126w\" sizes=\"(max-width: 343px) 100vw, 343px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-5646\" class=\"wp-caption-text\">Ren\u00e9e Cossette, Bodo von Plato et Arie van Ameringen (photo Michel Dongois).<\/p><\/div>\n<p><strong><em>Qu\u2019est-ce que l\u2019\u00eatre humain ?<\/em><\/strong><strong> La question a servi de point de d\u00e9part \u00e0 une conversation \u00e0 quatre voix* tenue en toute spontan\u00e9it\u00e9 devant un \u00ab caf\u00e9 croissants \u00bb, d\u00e9but novembre \u00e0 Montr\u00e9al. Une rencontre teint\u00e9e de chaleur humaine, alors que l\u2019hiver s\u2019installait doucement sur la m\u00e9tropole. Autour de la table, Ren\u00e9e Cossette, Bodo von Plato, Arie van Ameringen et Michel Dongois<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Qu\u2019est-ce que l\u2019\u00eatre humain ? Chaque \u00e9poque s\u2019est pos\u00e9 la question. Les grands ma\u00eetres en philosophie, en arts ou dans la vie politique l&rsquo;ont abord\u00e9e sous tous les angles. \u00ab Si l&rsquo;on ne (se) la pose pas, la conscience ne peut pas intervenir. Or, la conscience est la premi\u00e8re condition de l\u2019humain, de son autonomie et, aujourd\u2019hui, de sa responsabilit\u00e9 pour la plan\u00e8te \u00bb, lance Bodo d\u2019entr\u00e9e de jeu.<\/p>\n<p>\u00ab \u00c0 nous d\u2019actualiser la question, de l\u2019individualiser. Il y a urgence \u00e0 le faire, alors que les rep\u00e8res habituels, sociaux, culturels ou spirituels s\u2019effacent chaque jour un peu plus de la conscience contemporaine \u00bb, indique Arie. Mais l\u2019initiative de la question doit venir de l\u2019homme lui-m\u00eame, dans un acte de libert\u00e9.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Risques<\/strong><\/p>\n<p>Quels risques prendre aujourd\u2019hui pour que la conscience s\u2019\u00e9largisse ? Quels risques la soci\u00e9t\u00e9 doit-elle assumer pour devenir plus humaine, donc plus consciente ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00c0 propos de risques, Ren\u00e9e a \u00e9voqu\u00e9 l\u2019univers de la sant\u00e9 et s\u00e9curit\u00e9 au travail, qui est le sien. Bien que n\u00e9cessaires, dit-elle, conseils et consignes ne suffisent pas pour minimiser les risques d\u2019accident. Il s\u2019agit plut\u00f4t d\u2019\u00e9duquer le travailleur, \u00ab de le former pour le transformer \u00bb, afin de l\u2019amener \u00e0 la conscience des risques dans son propre environnement, la pr\u00e9vention \u00e9tant la meilleure des protections.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Dans son approche humaniste, Ren\u00e9e recourt \u00e0 l\u2019enn\u00e9agramme, un outil de connaissance de soi et de compr\u00e9hension des comportements bas\u00e9 sur les profils de personnalit\u00e9s. Avec cet outil, le travailleur devient plus conscient de son <em>rapport<\/em> au risque, il sait d\u2019ores-et-d\u00e9j\u00e0 <em>pourquoi <\/em>il prend ind\u00fbment certains risques.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>L\u2019or et la parole<\/strong><\/p>\n<p>Ce qui nous relie tous au d\u00e9part, c\u2019est l\u2019alt\u00e9rit\u00e9, ont par ailleurs convenu les participants. On peut m\u00eame parler du myst\u00e8re de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9. Bodo von Plato pr\u00f4ne un humanisme pragmatique, qui permet de cultiver le souci inn\u00e9 de l\u2019autre, ce d\u00e9sir originel en nous de vouloir servir autrui. La conversation \u00ab \u00e0 hauteur des yeux \u00bb, dit-il, est l\u2019un des signes de notre recherche d\u2019humanit\u00e9 dans la rencontre.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 notre \u00e9poque o\u00f9 l\u2019on d\u00e9truit tout, sans le vouloir, au plan social comme au plan \u00e9cologique, on court le risque de la rupture dans l\u2019espoir de faire \u00e9merger une conscience nouvelle. En r\u00e9alit\u00e9, il s\u2019agit de devenir co-cr\u00e9ateurs, car la cr\u00e9ation est inachev\u00e9e, le monde spirituel ayant besoin du secours de l\u2019homme et visant la libert\u00e9. L\u2019humanit\u00e9 doit apporter son concours \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019un nouvel ordre des choses, en lien avec l\u2019\u00e9volution du cosmos.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019or est du soleil devenu mati\u00e8re; mieux que l\u2019or, il y a la lumi\u00e8re \u2013 l\u2019origine de l\u2019\u00eatre. Et plus \u00e9lev\u00e9e encore que l\u2019or et la lumi\u00e8re, la conversation, quand deux consciences s\u2019\u00e9l\u00e8vent mutuellement \u2013 l\u2019avenir de l\u2019existence, pr\u00e9cise Bodo, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Goethe. \u00ab Une vraie conversation nous \u00e9l\u00e8ve vers une plus ample conscience, avec le d\u00e9sir de la lumi\u00e8re de l\u2019autre. L\u2019or te rend riche, la lumi\u00e8re t\u2019\u00e9claire, mais seule la conversation \u00e9veille et \u00e9l\u00e8ve ta conscience. \u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>L\u2019ordre et le chaos<\/strong><\/p>\n<p>Puis notre conversation a gliss\u00e9 vers les notions d\u2019ordre et de chaos. Ren\u00e9e a \u00e9voqu\u00e9 le roman <em>Vendredi ou Les limbes du Pacifique<\/em>, de Michel Tournier. En Robinson seul, perdu sur son \u00eele d\u00e9serte, r\u00e8gne le chaos int\u00e9rieur. Il s\u2019astreint \u00e0 lire sa bible \u00e0 heure fixe, \u00e0 tracer des sillons bien droits dans ses rizi\u00e8res. L\u2019irruption de Vendredi dans sa vie l\u2019am\u00e8ne \u00e0 rel\u00e2cher ses conditionnements et \u00e0 faire place \u00e0 un nouvel ordre ext\u00e9rieur assoupli. Elle lui ouvre de nouveaux horizons.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00ab Paradoxalement, j\u2019ai horreur de l\u2019ordre, mais j\u2019ai aussi envie d\u2019ordre; c\u2019est impossible de vivre dans le chaos, c\u2019est impossible de vivre sans chaos. Nous avons besoin des deux \u00bb, confie Bodo. \u00ab Micha\u00ebl, Esprit de l\u2019intelligence, de l\u2019ordre cosmique, nous fait d\u00e9sirer de cr\u00e9er nous-m\u00eames l\u2019ordre \u00e0 l\u2019aide de notre attention, de notre souci de comprendre et de bien faire, et ceci passe par le chaos. \u00bb Il s\u2019agit \u00e0 pr\u00e9sent de r\u00e9aliser un nouvel ordre, non seulement priv\u00e9 ou personnel, mais \u00e0 la hauteur de l\u2019humain, afin que l\u2019individu puisse devenir apte \u00e0 rencontrer l\u2019universel. \u00ab La conscience humaine et le devenir humain oscillent constamment, et n\u00e9cessairement d\u2019une fa\u00e7on tragique, entre ordre et chaos. \u00bb Le chaos tend naturellement vers l\u2019ordre, puis, lorsque trop d\u2019ordre am\u00e8ne la rigidit\u00e9 et \u00ab bloque \u00bb la vie, il faut \u00e0 nouveau introduire un certain chaos.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pour revenir \u00e0 Vendredi, le \u00ab sauvage \u00bb apporte en quelque sorte l\u2019ouverture. Sauvage, au sens de ce qui n\u2019est pas encore organis\u00e9, l\u2019irrationnel, et qui attend de l\u2019\u00eatre, ce qui demeure en possibilit\u00e9. \u00c0 l\u2019inverse, en mati\u00e8re de rigidit\u00e9, nous avons par exemple l\u2019acad\u00e9misme, o\u00f9 tout est fini, structur\u00e9, arr\u00eat\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Qu\u2019est-ce que l\u2019\u00eatre humain ? \u00c0 notre \u00e9poque, l\u2019ab\u00eeme entre trop de rationalit\u00e9 et un manque de conscience risque de nous rendre sous-humains, pr\u00e9cise Bodo. L\u2019homme peut alors descendre en dessous de lui-m\u00eame, faute de ne pas relier les deux rives de cet ab\u00eeme de la modernit\u00e9, de ne pas tenir compte des r\u00e9alit\u00e9s spirituelles. \u00ab La haute technicit\u00e9, r\u00e9sultat de la pens\u00e9e rationnelle qui nous a endormis et prot\u00e9g\u00e9s de la nature, a cr\u00e9\u00e9 de fa\u00e7on unilat\u00e9rale un monde sans risques, sans attention port\u00e9e \u00e0 ce qui nous d\u00e9passe et nous constitue en m\u00eame temps. \u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Science et conscience<\/strong><\/p>\n<p>Les participants reconnaissent que la science, qui se pr\u00e9occupe de n\u2019\u00e9tudier que la mati\u00e8re, \u00e9volue plus rapidement que la conscience. Il ne s\u2019agit pas de fuir ou de freiner la technologie cependant, indique Bodo, mais plut\u00f4t de renforcer la confiance dans l\u2019aptitude de la conscience humaine \u00e0 se transformer.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ren\u00e9e fait observer \u00e0 quel point notre soci\u00e9t\u00e9 est prompte \u00e0 investir dans les sciences, les technologies, l\u2019informatique, les objets. Elle se montre beaucoup plus parcimonieuse lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019investir (formation) dans le d\u00e9veloppement des \u00eatres humains. Pensons aux maigres budgets allou\u00e9s \u00e0 nos universit\u00e9s ou \u00e0 la formation, autre que technique, dans nos entreprises. Il suffit de voir aussi comment les m\u00e9tiers relationnels &#8211; soignants, enseignants, etc. &#8211; sont souvent d\u00e9valoris\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Individualisme \u00e9thique<\/strong><\/p>\n<p>Et l\u2019Anthroposophie ? Elle introduit une fa\u00e7on neuve de poser la question imm\u00e9moriale : qu\u2019est-ce que l\u2019\u00eatre humain, quelle est sa place dans l\u2019univers ? Un si\u00e8cle apr\u00e8s son av\u00e8nement, on peut constater que son grand apport, selon Bodo von Plato, r\u00e9side dans la notion d\u2019individualisme \u00e9thique (<em>La philosophie de la libert\u00e9<\/em>). Rudolf Steiner en a parl\u00e9 d\u00e8s la fin des ann\u00e9es 1880, lui qui a tant aim\u00e9 des personnalit\u00e9s ayant eu l\u2019audace de risquer l\u2019individu, comme Aristote, saint Augustin ou Fichte, Stirner et surtout Friedrich Nietzsche.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Bodo a soulign\u00e9 la n\u00e9cessit\u00e9 de cr\u00e9er d\u00e9sormais une \u00e9thique individualis\u00e9e, en vivant consciemment \u00ab la tension incroyable \u00bb qui existe entre un individualisme total (le narcissisme) et le d\u00e9sir du souci de l\u2019autre (l\u2019altruisme).<\/p>\n<p>\u00c0 chacun de forger son \u00e9thique, car il s\u2019est op\u00e9r\u00e9 au 20e si\u00e8cle un renversement majeur de ce qui jusqu\u2019alors avait form\u00e9 l\u2019esprit humain au regard de ce qui est beau, vrai et bien. Et par cons\u00e9quent aussi de ce qui est laid, faux et mal. Auschwitz et Hiroshima\/Nagasaki ont en effet renvers\u00e9 ce syst\u00e8me \u00e9thique, note Bodo, en r\u00e9f\u00e9rence aux travaux de la philosophe Hannah Arendt (1906-1975).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Avec qui veux-je travailler ?<\/strong><\/p>\n<p>Elle en \u00e9tait arriv\u00e9 \u00e0 la conclusion, en 1965, que la d\u00e9cision la plus importante qui incombe \u00e0 pr\u00e9sent \u00e0 l\u2019individu, c\u2019est de choisir avec qui il veut vivre, avec qui il veut travailler. \u00ab Ce qui m\u2019int\u00e9resse, c\u2019est toi. Entre nous deux, un nouveau monde va na\u00eetre \u00bb, r\u00e9sume Bodo. \u00ab Dans l\u2019authenticit\u00e9 et dans une amiti\u00e9 li\u00e9e \u00e0 mon cheminement vers moi-m\u00eame, donc vers le monde et dans le monde, je choisis de vivre avec celles et ceux qui nous permettront de cheminer ensemble, de travailler avec ceux qui pr\u00e9cis\u00e9ment font aussi un cheminement. \u00bb<\/p>\n<p>Qu\u2019est-ce que l\u2019\u00eatre humain donc ? Outre l\u2019individualisme \u00e9thique, Bodo \u00e9voque les r\u00e9alisations pratiques que Rudolf Steiner a entreprises avec des collaborateurs, et \u00e0 leur demande. \u00ab Il voulait et il a pu montrer que, dans la pratique int\u00e9rieure et ext\u00e9rieure, un autre monde est possible. \u00bb Mais si l\u2019on veut \u00eatre au front du monde pour une nouvelle humanit\u00e9, poursuit Bodo, une nouvelle culture devient incontournable. Et c\u2019est la raison d\u2019\u00eatre de l\u2019\u00c9cole de science de l\u2019esprit, que Rudolf Steiner a cr\u00e9\u00e9e avant de mourir, une haute \u00e9cole pour relier une transformation de la conscience au travail quotidien, avec au centre 19 mantras pour la culture m\u00e9ditative.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>M\u00e9diter<\/strong><\/p>\n<p>Hier prisonniers de la tradition, nous le sommes aujourd\u2019hui dans l\u2019\u00e9troitesse de notre quotidien, absorb\u00e9s que nous sommes par les circonstances ext\u00e9rieures. Tout concourt \u00e0 nous distraire, si nous ne faisons pas l\u2019acte de volont\u00e9 de m\u00e9diter. Bodo a soulign\u00e9 l\u2019importance d\u2019une culture int\u00e9rieure par la m\u00e9ditation, \u00ab qui est un acte, invisible et conscient, qui s\u2019accomplit seul. Oui, la m\u00e9ditation est un acte et chaque acte donne naissance \u00e0 une relation \u00bb, affirme-t-il. \u00ab Oui, un acte, comme l\u2019amour, qui exige une d\u00e9cision, car il faut d\u00e9cider d\u2019aimer \u00bb, ajoute Ren\u00e9e Cossette. En restant dans la tradition, nous risquons d\u2019oublier qu\u2019il nous faut faire quelque chose par nous-m\u00eames. Or, Rudolf Steiner nous a encourag\u00e9s \u00e0 courir le risque de prendre des initiatives.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>En ce 21e si\u00e8cle, le discours anthroposophique ne doit cependant pas rester dogmatique, mais devenir humaniste, pr\u00e9cise Arie van Ameringen. \u00ab Il s\u2019agit d\u2019\u00e9veiller d\u2019autres consciences. C\u2019est le principe de r\u00e9ciprocit\u00e9, une conscience qui \u00e9veille une autre conscience. \u00bb Un si\u00e8cle plus tard, on ne peut donc plus parler d\u2019une mission comme telle, mais plut\u00f4t d\u2019une r\u00e9ciprocit\u00e9 des consciences, dit-il. Cela inclut aussi le travail avec des personnes qui peuvent avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9veill\u00e9es par d\u2019autres approches spirituelles.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00ab Une autre conscience, c\u2019est-\u00e0-dire un autre moi, m\u2019\u00e9veille lorsque je suis attentif dans la rencontre\u00bb, r\u00e9sume Arie, qui souligne l\u2019importance de travailler aussi avec des non Anthroposophes. \u00ab C\u2019est dans la mesure o\u00f9 elle m\u2019incite \u00e0 agir pour r\u00e9pondre aux besoins du monde que l\u2019Anthroposophie prend toute sa signification. \u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>SI la r\u00e9ciprocit\u00e9 remplace la mission, cela veut dire que l\u2019ancien mod\u00e8le ma\u00eetre\/\u00e9l\u00e8ve, \u00e0 sens unique, est p\u00e9rim\u00e9, remplac\u00e9 par l\u2019entretien, la conversation, la rencontre. Rudolf Steiner lui-m\u00eame avait besoin des autres pour lancer ses initiatives, rappelle Bodo (Ita Wegman avec la m\u00e9decine, \u00c9mil Molt avec la p\u00e9dagogie Waldorf, etc.). \u00ab Une conscience \u00e9veill\u00e9e attire une conscience \u00e9veill\u00e9e. Alors agit l\u2019\u00e9l\u00e9ment christique \u00bb, r\u00e9sume Arie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Libert\u00e9 \u00e0 l\u2019individu, certes, mais tout en menant des conversations avec les autres. Il s\u2019agit en somme de redonner ses lettres de noblesse \u00e0 la conversation humaine, ce que l\u2019amiti\u00e9 en premier lieu permet de faire, dans un climat de joie, de chaleur humaine.<\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p>Bodo a clos la rencontre avec une citation d\u2019H\u00e9l\u00e8ne Cixous, femme de lettres et dramaturge. Une r\u00e9flexion qui d\u00e9finit \u00e0 merveille la qu\u00eate humaniste contemporaine et miraculeuse de la rencontre humaine : \u00ab \u00catre ensemble sans perdre chacun sa solitude. Rester seul chacun de son c\u00f4t\u00e9 sans que l\u2019ensemble f\u00fbt rompu, c\u2019est le dispositif du miracle \u00bb.<em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><strong><em>*<\/em><\/strong><strong>Bodo von Plato<\/strong>, philosophe et historien de formation. Membre de la direction du Goetheanum (2001-2018). Responsable, \u00e0 Berlin, d\u2019une fondation d\u2019utilit\u00e9 publique et d\u2019un projet de recherche-action sur le changement des mentalit\u00e9s \u00e0 la fin du 20<sup>e<\/sup> et au d\u00e9but du 21<sup>e<\/sup> si\u00e8cle.<\/p>\n<p><strong>Ren\u00e9e Cossette<\/strong>, psychologue, chercheuse et conf\u00e9renci\u00e8re. Fondatrice de Creanim, firme de formation visant \u00e0 implanter des cultures de la pr\u00e9vention en sant\u00e9 et s\u00e9curit\u00e9 au travail par une approche humaniste, au Qu\u00e9bec et en France.<\/p>\n<p><strong>Arie van Ameringen, <\/strong>linguiste de formation. A enseign\u00e9 \u00e0 tous les niveaux du syst\u00e8me \u00e9ducatif, en particulier dans les \u00e9coles Waldorf.\u00a0Membre du Conseil (2003-2018) et Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la Soci\u00e9t\u00e9 anthroposophique au Canada de (2011-2018). Polyglotte, traducteur et \u00e9diteur.<\/p>\n<p><strong>Michel Dongois<\/strong>, journaliste \u00e0 la retraite.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Qu\u2019est-ce que l\u2019\u00eatre humain ? La question a servi de point de d\u00e9part \u00e0 une conversation \u00e0 quatre voix* tenue en toute spontan\u00e9it\u00e9 devant un \u00ab caf\u00e9 croissants \u00bb, d\u00e9but novembre \u00e0 Montr\u00e9al. 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