{"id":6473,"date":"2021-02-21T08:50:29","date_gmt":"2021-02-21T13:50:29","guid":{"rendered":"https:\/\/anthroposophy.ca\/?p=6473"},"modified":"2021-02-21T08:57:01","modified_gmt":"2021-02-21T13:57:01","slug":"a-la-memoire-de-barbara-sparling-13-mai-1933-26-janvier-2021","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/anthroposophy.ca\/fr\/a-la-memoire-de-barbara-sparling-13-mai-1933-26-janvier-2021\/","title":{"rendered":"\u00c0 la m\u00e9moire de Barbara Sparling  17 mai 1933 \u2013 26 janvier 2021"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Screen-Shot-2021-02-06-at-3.33.14-PM.png\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-6475\" src=\"https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Screen-Shot-2021-02-06-at-3.33.14-PM.png\" alt=\"\" width=\"393\" height=\"366\" srcset=\"https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Screen-Shot-2021-02-06-at-3.33.14-PM.png 261w, https:\/\/anthroposophy.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Screen-Shot-2021-02-06-at-3.33.14-PM-260x243.png 260w\" sizes=\"(max-width: 393px) 100vw, 393px\" \/><\/a>Ma voisine, Barbara Sparling, avait besoin de se servir d\u2019une canne pour se d\u00e9placer. Pensez-vous qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une personne faible, h\u00e9sitante? Au contraire, elle marchait avec confiance, d\u2019un pas r\u00e9solu. Lorsqu\u2019elle vous parlait, son regard vous fixait directement, et qu\u2019elle soit d\u2019accord avec vous ou non, ses paroles communiquaient du respect et de l\u2019intelligence. Elle \u00e9tait plut\u00f4t petite, et sa personne d\u00e9bordait de bonne humeur et d&rsquo;\u00e9nergie.<\/p>\n<p>Avant que le ciel ne soit tomb\u00e9 en mars dernier, j&rsquo;ai d\u00een\u00e9 avec Barbara dans un bon restaurant avant que nous assistions \u00e0 une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre ensemble. Je lui ai demand\u00e9 alors ce qu\u2019elle avait fait comme travail dans la vie. Elle a r\u00e9pondu avec un grand sourire, guettant ma r\u00e9action\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai commenc\u00e9 comme danseuse professionnelle!\u00a0\u00bb Je ne sais pas au juste ce \u00e0 quoi je m\u2019attendais, mais je n\u2019aurais jamais devin\u00e9 qu\u2019elle avait \u00e9t\u00e9 danseuse.<\/p>\n<p>Barbara Sparling est n\u00e9e \u00e0 l\u2019h\u00f4pital Cook County \u00e0 Chicago en 1933. Elle a pass\u00e9 ses ann\u00e9es de jeunesse \u00e0 Evanston, une banlieue de Chicago o\u00f9 est situ\u00e9e l\u2019universit\u00e9 Northwestern. Son p\u00e8re travaillait dans l\u2019industrie du p\u00e9trole, et \u00e9tait propri\u00e9taire de l\u2019entreprise qui allait devenir plus tard la Quaker Oil Company. Pendant la Deuxi\u00e8me Guerre il a \u00e9t\u00e9 coordonnateur en chef de l\u2019industrie p\u00e9troli\u00e8re. Sa m\u00e8re, Nelda Holmgren, \u00e9tait microbiologiste renomm\u00e9e, ayant obtenu son doctorat de l\u2019universit\u00e9 Northwestern l\u2019ann\u00e9e m\u00eame o\u00f9 Barbara a termin\u00e9 ses cours \u00e0 l\u2019\u00e9cole secondaire (Evanston Township High School). Nelda a particip\u00e9 \u00e0 la cr\u00e9ation du premier Cell Science Centre \u00e0 Lake Placid, dans l\u2019\u00e9tat de New York.<\/p>\n<p>Quand Barbara avait 6 ans, son p\u00e8re a quitt\u00e9 la famille, et sa m\u00e8re a \u00e9t\u00e9 hospitalis\u00e9e suite \u00e0 une d\u00e9pression nerveuse. On a envoy\u00e9 Barbara et son fr\u00e8re dans des pensionnats s\u00e9par\u00e9s. Son fr\u00e8re a fr\u00e9quent\u00e9 l\u2019\u00e9cole militaire jusqu\u2019\u00e0 la huiti\u00e8me ann\u00e9e. Barbara a pass\u00e9 une ann\u00e9e dans un pensionnat catholique, ce qui \u00e9tait une exp\u00e9rience troublante pour elle, car elle n\u2019avait que huit ans et qu\u2019elle n\u2019\u00e9tait pas catholique. Lorsqu\u2019elle est retourn\u00e9e vivre chez elle, sa m\u00e8re travaillait beaucoup et \u00e9tudiait \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9, et son fr\u00e8re \u00e9tait pensionnaire \u00e0 l\u2019\u00e9cole militaire. Les cinq ann\u00e9es qui ont suivi ont \u00e9t\u00e9 pour elle une p\u00e9riode d\u2019une grande solitude.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e2ge de neuf ans d\u00e9j\u00e0, Barbara savait qu\u2019elle voulait \u00eatre danseuse. Tous les matins, en se levant, elle faisait ses \u00e9tirements comme toutes les ballerines. Elle a suivi des cours de danse pendant quatre ans dans une institution pour jeunes filles \u00e0 Evanston. \u00c0 l\u2019\u00e2ge de treize ans, elle s\u2019est inscrite \u00e0 un camp de danse moderne situ\u00e9e \u00e0 Washington Island, dans le Wisconsin. Elle s\u2019est emball\u00e9e pour la danse contemporaine et est devenue une \u00e9l\u00e8ve de Sybil Shearer (une danseuse qui avait fait carri\u00e8re dans la danse contemporaine, \u00e9tant devenue c\u00e9l\u00e8bre en pr\u00e9sentant un programme solo \u00e0 Carnegie Hall en 1941, et qui avait fini par s\u2019installer dans la r\u00e9gion de Chicago). Son studio se trouvait \u00e0 Winnetka, une banlieue de Chicago. Or, le p\u00e8re de Barbara habitait \u00e0 Winnetka avec sa deuxi\u00e8me famille, et Barbara gardait souvent ses deux jeunes gar\u00e7ons. Pour pouvoir payer ses cours avec Mme Shearer, Barbara donnait des cours de danse pour enfants.<\/p>\n<p>\u00c9tant donn\u00e9 que sa m\u00e8re \u00e9tudiait \u00e0 temps plein, et qu\u2019elle-m\u00eame \u00e9tait totalement\u00a0 ax\u00e9e sur son d\u00e9sir d\u2019\u00eatre danseuse, Barbara est devenue une jeune femme tr\u00e8s ind\u00e9pendante. Elle a repris une formation en ballet classique \u00e0 Chicago, ce qui voulait dire qu\u2019elle devait prendre le m\u00e9tro a\u00e9rien au moins trois fois par semaine pour se rendre au centre-ville. Sa m\u00e8re, sans contribuer aux frais de scolarit\u00e9, lui permettait de poursuivre sa formation sous condition qu\u2019elle r\u00e9ussisse ses \u00e9tudes. \u00c0 cette \u00e9poque, Barbara avait une amie tr\u00e8s proche, Phyllis, qui elle aussi vivait seule chez sa m\u00e8re. \u00c0 l\u2019\u00e9cole secondaire, les deux amies adoraient assister ensemble aux matchs de basketball et de football et aimaient s\u2019asseoir ensemble au resto du coin devant un plat de croustilles et des verres de coke.<\/p>\n<p>En terminant son secondaire, Barbara s\u2019est install\u00e9e \u00e0 la YWCA dans le quartier nord de Chicago et suivait des cours quotidiennement chez Stone &amp; Camryn. Stone \u00e9tait professeur de ballet et de pointes, et Camryn enseignait la danse figurative. Elle suivait aussi des cours avec d\u2019autres professeurs lorsque possible. Pour apaiser sa m\u00e8re, Barbara a suivi avec succ\u00e8s une ann\u00e9e d\u2019\u00e9tudes \u00e0 la facult\u00e9 d\u2019arts et lettres de l\u2019universit\u00e9 Northwestern.<\/p>\n<p>Barbara a connu l\u2019anthroposophie \u00e0 l\u2019\u00e2ge de dix-neuf ans, ayant trouv\u00e9 un exemplaire de <em>Comment acqu\u00e9rir des connaissances sur les mondes sup\u00e9rieurs<\/em> dans une boutique de livres d\u2019occasion \u00e0 Chicago. Pendant des ann\u00e9es, elle reprenait la lecture de cet ouvrage dans ses moments de d\u00e9pression.<\/p>\n<p>Elle se souvient d\u2019avoir trouv\u00e9 que les gens qui pensaient et vivaient de cette mani\u00e8re \u00e9taient peut-\u00eatre sur la bonne voie. Cette perspective repr\u00e9sentait un contraste radical avec les sentiments x\u00e9nophobes et intol\u00e9rants exprim\u00e9s ouvertement \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Cela aurait \u00e9t\u00e9 normal qu\u2019en tant que jeune femme, Barbara accepte les attitudes courantes de son \u00e9poque, mais elle a \u00e9t\u00e9 attir\u00e9e par la philosophie inspirante et \u00e9difiante qu\u2019elle trouvait dans ce livre.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e2ge d\u2019or de la com\u00e9die musicale am\u00e9ricaine s\u2019est implant\u00e9 alors gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019\u0153uvre de Rogers et Hammerstein, qui incarnaient dans leurs com\u00e9dies musicales le v\u00e9ritable esprit am\u00e9ricain. Leurs \u0153uvres mettaient souvent en sc\u00e8ne des \u00e9l\u00e9ments de la population qui \u00e9taient g\u00e9n\u00e9ralement exclus en raison de leur race, classe sociale, ou religion. Ces com\u00e9dies musicales ont enti\u00e8rement transform\u00e9 le genre\u00a0: la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 des productions ant\u00e9rieures a c\u00e9d\u00e9 la place \u00e0 des spectacles pr\u00e9sentant des th\u00e8mes plus s\u00e9rieux. <em>The King and I <\/em>a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 pour la premi\u00e8re fois sur Broadway le 29 mars 1951, mettant en vedette Gertrude Lawrence et Yul Brynner. La production est rest\u00e9e \u00e0 l\u2019affiche pendant trois ans et a r\u00e9colt\u00e9 cinq prix Tony.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re troupe itin\u00e9rante de <em>The King and I, <\/em>dont le chor\u00e9graphe \u00e9tait le grand Jerome Robbins, a donn\u00e9 sa premi\u00e8re pr\u00e9sentation en 1954 \u00e0 Hershey, dans la Pennsylvanie. La troupe a jou\u00e9 dans 30 villes, y compris \u00e0 Toronto, et a fini sa tourn\u00e9e au Shubert Theater \u00e0 Philadelphie en 1955. Lorsque la troupe \u00e9tait \u00e0 Chicago, on a tenu des auditions pour remplacer un membre du corps de ballet. Barbara s\u2019est trouv\u00e9e parmi les cent candidats qui cherchaient \u00e0 \u00eatre engag\u00e9s. Elle a r\u00e9ussi les quatre \u00e9tapes de l\u2019audition et a \u00e9t\u00e9 choisie. Elle a voyag\u00e9 avec la troupe pendant six mois et a pris l\u2019avion pour rentrer \u00e0 Chicago une fois la tourn\u00e9e termin\u00e9e.<\/p>\n<p>Barbara s\u2019est alors demand\u00e9 o\u00f9 elle pouvait aller pour trouver du travail. Elle s\u2019est rappel\u00e9 combien elle avait trouv\u00e9 vivant le monde artistique de Toronto. Il y avait plusieurs \u00e9missions de t\u00e9l\u00e9vision o\u00f9 elle pensait pouvoir trouver du travail en tant que danseuse. C\u2019est donc en 1956 qu\u2019elle s\u2019est rendue en voiture jusqu\u2019\u00e0 la fronti\u00e8re canadienne pour demander le statut d\u2019immigrante re\u00e7ue, qui lui a \u00e9t\u00e9 accord\u00e9 sur-le-champ. Cela est une chose qui nous semble \u00e9tonnante de nos jours, o\u00f9 le processus pour devenir immigrant re\u00e7u est fort compliqu\u00e9. \u00c0 cette \u00e9poque, elle a trouv\u00e9 du travail \u00e0 la CBC et a tenu le r\u00f4le de Priscilla dans une version musicale d\u2019<em>Anne of Green Gables<\/em> (Anne\u2026la Maison des Pignons verts).<\/p>\n<p>Et comme tant d\u2019autres individus du monde du spectacle, Barbara devait arrondir ses fins de mois en trouvant une autre source de revenus. Plusieurs d\u2019entre vous pourront vous souvenir de l\u2019\u00e2ge d\u2019or des caf\u00e9s \u00e0 Yorkville (le quartier si cher \u00e0 Gordon Lightfoot). Barbara s\u2019est fait engager pour travailler \u00e0 temps partiel dans un \u00e9tablissement qui avait pour nom <em>The House of Hamburg,<\/em> un club de jazz o\u00f9 les musiciens pouvaient monter sur sc\u00e8ne de mani\u00e8re informelle. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019un certain joueur de saxophone, Bill Sparling, qui jouait avec plusieurs formations connues \u00e0 l\u2019\u00e9poque (Moe Kaufman, Rob McConnell), lui est tomb\u00e9 dans l\u2019\u0153il.<\/p>\n<p>Comme le gouvernement canadien de 1957 a d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 des compressions budg\u00e9taires dans le domaine des arts (plus \u00e7a change&#8230;!), et plus particuli\u00e8rement \u00e0 la CBC, Barbara et Bill, qui se sont mari\u00e9s en 1958, n\u2019arrivaient pas \u00e0 gagner leur vie dans le monde artistique; Bill a entrepris d\u2019ouvrir un magasin de musique.<\/p>\n<p>Barbara a suivi une formation d\u2019\u00e9ducatrice pour la petite enfance et a travaill\u00e9 dans une garderie coop\u00e9rative de l\u2019\u00c9glise unie jusqu\u2019\u00e0 la naissance de leur fils Ken en 1959. Leur fille, Genevi\u00e8ve, est n\u00e9e en 1961. D\u00e8s 1965, lors de la rupture du mariage, Barbara, m\u00e8re de deux jeunes enfants, s\u2019est vue oblig\u00e9e de chercher du travail.<\/p>\n<p>Quand Barbara a inscrit ses enfants \u00e0 l\u2019\u00e9cole priv\u00e9e Bayview Glen, sa fille \u2018Genni\u2019 a d\u00e9clar\u00e9 que sa m\u00e8re aussi \u00e9tait professeure. La secr\u00e9taire en a pris note, et bient\u00f4t Barbara a \u00e9t\u00e9 engag\u00e9e comme \u00e9ducatrice pour un groupe d\u2019enfants de deux ans. La propri\u00e9taire de l\u2019\u00e9cole a envoy\u00e9 Barbara suivre une formation de deux ans pour obtenir un certificat officiel d\u2019\u00e9ducatrice, et c\u2019est justement \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Toronto qu\u2019elle a fait la connaissance de Pat Kettle, une des fondatrices de la Toronto Waldorf School.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 son lien avec la communaut\u00e9 Waldorf, Barbara a pu assumer plusieurs postes d\u2019enseignante au fil des ann\u00e9es au sein de la Toronto Waldorf School et aussi dans d\u2019autres \u00e9coles Waldorf. Elle avait un grand respect pour la philosophie de la p\u00e9dagogie Waldorf et \u00e9tait particuli\u00e8rement heureuse de participer \u00e0 l\u2019enthousiasme et l\u2019esprit de camaraderie qui r\u00e9gnaient autour de la cr\u00e9ation de la Toronto Waldorf School.<\/p>\n<p>Et comme elle a gard\u00e9 le contact avec ses coll\u00e8gues de la TWS, Barbara \u00e9tait au courant de l\u2019existence de la r\u00e9sidence Hesperus, et a pu s\u2019y installer le 3 octobre 2011. Elle est vite devenue membre active de la communaut\u00e9 et favorisait l\u2019enrichissement de la vie des r\u00e9sidents en travaillant au niveau de la vie sociale et culturelle \u2013 \u00e0 la biblioth\u00e8que et dans les cercles artistiques.<\/p>\n<p>\u00c0 un certain moment de sa vie, Barbara avait d\u00e9cid\u00e9 qu\u2019elle voulait conna\u00eetre quelque chose de compl\u00e8tement diff\u00e9rent. Elle s\u2019\u00e9tait install\u00e9e dans une petite cabane de bois rond pr\u00e8s de Janesville, Ontario. \u00ab La cabane \u00e9tait situ\u00e9e sur un terrain de cent cinquante hectares avec des for\u00eats, des pr\u00e9s, et un ruisseau. Au bord du ruisseau il y avait des plants de menthe, et dans le ruisseau, du cresson\u00a0\u00bb. La cabane se trouvait sur une colline qui dominait le terrain. Il y avait une petite annexe \u00e9quip\u00e9e d\u2019une salle de bain, d\u2019eau courante, et de chauffage \u00e9lectrique, alors que la partie d\u2019origine \u00e9tait chauff\u00e9e au po\u00eale \u00e0 bois. L\u2019hiver, lorsque les tuyaux gelaient, Barbara devait transporter de l\u2019eau et fendre du bois pour le po\u00eale. Il y avait aussi une vieille \u00e9curie avec des chambres \u00e0 l\u2019\u00e9tage qui pouvaient accueillir des invit\u00e9s. Barbara avait un foyer \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de la cabane, et elle dormait souvent \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, dans une tente. Pour voir ses voisins les plus proches, qui demeuraient \u00e0 un kilom\u00e8tre de distance, elle prenait son camion.<\/p>\n<p>La jeune fille qui s\u2019\u00e9tait fray\u00e9 son propre chemin dans la ville de Chicago et ses alentours \u00e0 la poursuite de ses r\u00eaves, cet individu farouchement ind\u00e9pendant, n\u2019avait jamais peur de franchir de nouvelles fronti\u00e8res. Et, voil\u00e0 qu\u2019elle \u00e9tait devenue ma voisine de palier. Oui, nous \u00e9tions voisines, et j\u2019ai eu le plus grand plaisir \u00e0 l\u2019entendre raconter ses souvenirs.<\/p>\n<p>Julia Collins<\/p>\n<p>Extraits tir\u00e9s d\u2019un article paru dans le num\u00e9ro d\u2019octobre de la revue de Hesperus <em>On \u00c9crit<\/em>, et partag\u00e9 lors des obs\u00e8ques.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ma voisine, Barbara Sparling, avait besoin de se servir d\u2019une canne pour se d\u00e9placer. Pensez-vous qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une personne faible, h\u00e9sitante? Au contraire, elle marchait avec confiance, d\u2019un pas r\u00e9solu. 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