La société anthroposophique au Canada

En mémoire de Christian Reuter

2 avril 1933 – 16 avril 2025
Karin Reuter and Brigitte Knaack

Christian Reuter est né et a fait ses études à Berlin, en Allemagne. Il était le plus jeune d’une famille de trois enfants. Enfant, Christian aimait passer ses étés dans la propriété de ses grands-parents à Finkenwalde, près de Stettin. Avec son grand-père, il parcourait le vaste domaine, où ce dernier lui apprenait à entretenir et réparer les objets. Malheureusement, ces étés insouciants ont été bouleversés par la guerre en 1939. Durant son enfance et sa jeunesse, Christian a connu un pays en plein chaos, marqué par la confusion et les difficultés de l’après-guerre. Pour Christian, comme pour son frère Joachim (Jo Reuter), le « Nouveau Monde » avait toujours exercé une certaine fascination.

Dans la vingtaine, ils ont immigré au Canada, à Vancouver (Colombie-Britannique), où Christian a travaillé comme ébéniste et a obtenu la citoyenneté canadienne. C’est à Vancouver que Christian, guidé par sa spiritualité, a fréquenté les cercles anthroposophiques, où il a noué des liens et des amitiés qui ont duré toute sa vie. C’est là qu’il a rencontré deux de ses plus proches amis : Diana Hughes et Dieter Goldammer. L’ambition professionnelle de Christian était de travailler dans le domaine de la santé. Pour ce faire, il a décidé de retourner en Allemagne où il a étudié et obtenu son diplôme en physiothérapie. Le destin semblait avoir guidé cette décision. À l’École de physiothérapie de Fribourg, il a rencontré Karin, sa conjointe de toujours. Ils se sont mariés et, ensemble, ils sont retournés au Canada – cette fois pour s’y installer définitivement. Christian a réussi ses examens canadiens de physiothérapie et a rapidement trouvé sa voie à l’Hôpital général de Kelowna, en Colombie-Britannique, où il a travaillé pendant plus de 30 ans comme chef du service de physiothérapie. Deux fils, Daniel et Michael, sont venus agrandir la famille et Christian a fait construire une maison.

La quête ultime de Christian était l’anthroposophie ! L’anthroposophie imprégnait sa vie ! La science spirituelle de Rudolf Steiner nourrissait sa pensée et ses actions ! En 1978, il a fondé le groupe d’étude anthroposophique local, qui est rapidement devenu sa « deuxième famille ». Christian a toujours privilégié la participation au leadership. Lorsqu’on lui a demandé s’il pouvait fonder une école Waldorf à Kelowna, il s’est investi corps et âme dans ce projet et, grâce à une aide précieuse, il y est parvenu. En 1982, l’école Waldorf de Kelowna a ouvert ses portes aux enfants de la région. En 1985, Christian est devenu membre de la Première Classe de l’École de Science Spirituelle. Pendant de nombreuses années, il a fait le trajet entre Kelowna et Vancouver pour assister aux cours de cette première classe. Puis, de 2003 à 2011, Olaf Lampson a pris la relève, se déplaçant de Duncan à Kelowna pour y donner les cours. En 2011, Christian a été nommé, avec Brigitte Knaack, responsable de la première classe de l’École des sciences spirituelles de Kelowna. Quand on pense à Christian, tant de choses, tant d’occasions nous reviennent en mémoire avec gratitude. Mais une de ses nombreuses qualités se distingue, une qualité qui a marqué toute sa vie : son admirable sens de l’engagement. Avant tout, il y avait bien sûr son amour inconditionnel pour sa famille, puis son engagement sans faille envers l’école Waldorf de Kelowna et la pédagogie Waldorf en général.

À cela s’ajoutait son profond attachement à l’anthroposophie, cette philosophie qui a si profondément marqué et inspiré sa vie. Mais l’engagement de Christian ne s’arrêtait pas là. Il manifestait aussi un intérêt totalement désintéressé pour chaque personne qu’il rencontrait. Toujours prêt à offrir aide, soutien et encouragement en toutes circonstances, spirituelles ou pratiques. Quel que soit le temps et l’investissement personnel que cela impliquait, ça n’a jamais semblé être un fardeau pour lui. C’était tout simplement ce qu’il aimait faire par-dessus tout. Dans la vie de Christian, le mot « intérêt » occupait une place centrale : intérêt pour la vie, intérêt pour la connaissance et intérêt pour les autres. – Il nous a dit un jour qu’il a compris qu’aimer les gens, c’est s’intéresser vraiment à eux.