Développer des impulsions culturelles

Développer des impulsions culturelles

Mathias Girke

Chers lecteurs,

Le souci de la santé de la planète nous émeut et nous pousse à agir au niveau
mondial. Dans ce contexte, la question cli- matique est en lien avec nos actes et nos pensées. La poursuite unilatérale et forcenée d’intérêts personnels, la satisfaction de be- soins égocentriques détériore le climat de la terre. Il en va presque de même pour le climat entre les êtres humains. Les besoins naturels conduisent trop facilement à l’isole- ment et à la séparation, tandis que se tour- ner vers le spirituel relie et rassemble. Voilà aussi pourquoi Rudolf Steiner appelle le vrai moi humain le « moi fédérateur ».
Le thème du congrès de Noël de 2019 au Goetheanum fait référence à ces ques- tions : Comment former des communautés ? Comment rester en lien ? Comment faire naître la fraternité, seul terreau sur lequel peut s’épanouir l’anthroposophie ? Ces ques- tions touchent le « nous » et nous renvoient donc à la quatrième strophe de la Médita- tion de la Pierre de fondation.
Se remémorer les fondements spirituels
La formation de communautés humaines a un passé plus ou moins conscient. De ce passé peuvent venir des forces et des im- pulsions essentielles pour leur travail. Il est par conséquent utile de se rappeler ces ob- jectifs spirituels, d’exercer en quelque sorte la souvenance en esprit. Les contextes de travail et les communautés œuvrent dans le présent et nécessitent un retour sur les fondements spirituels. Mais une commu- nauté se tourne également vers l’avenir : il y a ainsi un regard commun vers les idéaux et les buts dont elle est garante. Les objectifs de travail sont toujours tournés vers l’ave- nir. Dans le cas contraire, ils seraient déjà atteints et de ce fait appartiendraient peut- être déjà au passé. Dans les buts spirituels des communautés vivent un « devenir » et
Le Goetheanum, pour l’être humain et la terre.
une demande que tout « aille vers le bien ». Il s’agit de suivre sa bonne étoile, Steiner en a parlé lors du congrès de Noël 1923-24. La substance spirituelle de la communauté va au-delà de l’être individuel de la personne et de son ange, elle mène au travail collectif des archanges et des impulsions des esprits du temps. La quatrième strophe de la Mé- ditation de la Pierre de fondation parle des forces du soleil qui se manifestent lorsque « deux ou trois se réunissent en Son nom ».
Vivre et œuvrer ensemble
C’est avec plaisir que nous vous invitons au travail sur les secrets de la communauté lors du congrès de Noël. Les questions du travail en commun sont plus brûlantes que jamais. En tant que mouvement et socié- té anthroposophiques, nous avons besoin de chemins pour exercer la formation de communautés, afin de développer des im- pulsions culturelles qui soignent la terre et développent le vivre et œuvrer ensemble. Nous nous réjouissons à l’avance de notre collaboration dans l’ambiance de Noël.
Matthias Girke, Goetheanum